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Avis sur Première Année

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On prend les mêmes et on recommence. Cette fois Vincent Lacoste et Thomas Lilti ne sont plus en internat mais en Première année de médecine. Je dois dire que je suis un peu partagé sur le film, parce que j'ai la fâcheuse impression qu'il est inutile. Pas qu'un film se doive d'être utile, mais juste je l'ai vu, j'ai pas ressenti grand chose, je n'en tire pas grand chose, il ne raconte pas grand chose non plus, il reste assez convenu, sympa, mais convenu... Donc j'ai du mal à y trouver le moindre intérêt.

Le film se veut assez réaliste pour montrer ce qu'est une première année de médecine, ce que l'on demande aux étudiants, mais je dois dire que la première scène est une séquence d'orientation pour le personnage de William Lebghil et qu'elle est vraiment fausse. Le mec veut faire vétérinaire, la COPsy lui parle d'ingénieur, de médecine... elle balance des noms de métiers au pif comme si c'était un kamoulox.

Ensuite ça va un peu mieux... Mais le film a ce défaut, il est convenu. Je veux dire qu'on a une bromance entre deux étudiants en médecine, un qui a de la famille médecin et qui est en première première année et un qui a la vocation, mais qui triple sa première année après avoir échoué à une place l'an passé. Forcément ils vont se brouiller à un moment donné... forcément ils vont se retrouver... et certes le film se centre sur cette histoire d'amitié, reste que ce n'est pas suffisant pour porter le film. Oui ça fonctionne bien, mais j'ai quand même la sale impression que tout le film pourrait se résumer à un montage d'entraînement façon Rocky, sauf que là ils révisent des trucs de médecine... C'est bien rythmé, pas chiant pour un sous... mais pas palpitant.

En fait Lilti propose là un film attendu, sage, gentil... avec une histoire d'amitié, une petite critique bourdieusienne en toile de fond du système de sélection qui discrimine selon des critères qui ne sont pas des critères qui feront de toi un bon médecin, mais au contraire des critères de classe, selon que tu as les codes sociaux, culturels, etc, ou que tu ne les as pas. Car finalement il vaut mieux quelqu'un de passionné par la médecine, prêt à tout pour faire médecine, que quelqu'un qui réussit sans avoir trop envie de faire et qui a juste hérité du capital culturel de papa.

Mais voilà, jamais Lilti ne réussi à rendre ça passionnant parce que les situations n'existent pas réellement. Comme dit c'est juste des gens qui s'entraînent, c'est stylisé, raconté pour être drôle, mais jamais il ne va réellement montrer ce que c'est que deux étudiants qui travaillent ensemble pour réussir, qui font des fiches, qui s’interrogent. Il mange totalement cette émulsion, cette lassitude aussi à force de travail... Ce qui fait que l'histoire beau être assez calquée sur le réel, elle n'est pas réellement aussi crédible puisque qu'on est dans quelque chose de lisse, d’aseptisé...

Le seul truc que j'ai trouvé réussi c'est le questionnement du personnage de Lebghil sur son avenir, or la première séquence un peu grotesque. Certes la fin est un peu grotesque car trop appuyée, mais elle semble logique et permet de faire du métier de médecin quelque chose pour lequel il faut avoir une vocation et pas juste être une bête à concours.

Mais le film ne se permet pas d'aller plus loin, de remettre en cause le numerus clausus qui est la raison de ce bachotage (dont on va peut-être voir la fin)...

C'est un film qu'on peu voir, c'est bien interprété, poli, agréable, mais malheureusement vain.

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