Comme un mauvais pressentiment....

Avis sur Prémonitions

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"C'est dans les vieux projets, qu'on fait les meilleurs films" un proverbe qui ne fonctionne pas vraiment avec celui-ci qui date de 15 ans et devait être la suite de Seven. Fort heureusement, David Fincher est un réalisateur intelligent et il a eu la bonne idée de ne pas faire un Seven 2. Malheureusement, au lieu de laisser le scénario au fond d'un tiroir, voir de le brûler, les producteurs Beau Flynn et Tripp Vinson; déjà responsables du mauvais Le Rite; ont récidivé avec encore Anthony Hopkins dans le premier rôle et c'est encore une catastrophe.

Un tueur en série sévit à Atlanta et met en échec les enquêteurs Joe Merriwether (Jeffrey Dean Morgan) et Katherine Kowles ( Abbie Cornish). Il vont sortir John Clancy (Anthony Hopkins) de sa retraite, pour les aider à coincer cet énigmatique meurtrier.

On peut lire sur l'affiche "Comment arrêter un tueur qui prévoit l'avenir?", ce n'est pas très judicieux de la part du service marketing, vu que cela casse un peu le semblant de suspense. Pire encore, en annonçant aussi Colin Farrell, on sait rapidement qui est le tueur en série. Certes, ce n'est pas si grave, l'intrigue n'étant pas "qui est-il?" mais "Pourquoi fait-il cela?". Mais dans Seven, on ne savait pas qui était John Doe et quand il apparaît, on se prend une grosse claque. La comparaison n'ira pas plus loin, sinon cela va finir en lynchage de ce film mineur, proche du navet.

Anthony Hopkins est un médium, il voit le futur, mais aussi le passé en touchant les gens ou objets. Sauf que dès sa première scène, il démontre aussi qu'il na pas besoin de contact pour savoir. Avant que Jeffrey Dean Morgan frappe à sa porte, il lui dit d'entrer. A partir de là, on peut en déduire qu'il peut tout savoir et donc, éviter le pire qui reste à venir, non ? Oui, quand cela touche son entourage et donc sauver l'un deux. Non, quand cela concerne la traque, vu que Colin Farrell a le même don. Quand on joue avec ce genre de "pouvoir", les incohérences se font rapidement sentir et dans ce film, elles sont déjà présentes dès le début.
Mais tentons de passer au-dessus de ça. En fait, ce ne sera pas possible, avec Anthony Hopkins nous faisant le coup du "non, mais oui, puis non, mais oui", en clair, je refuse l'affaire, puis j'accepte, mais finalement je repars et je reviens. Du déjà vu et revu. C'est un procédé tellement éculé, surtout que cela n'apporte rien à l'intrigue. Puis en annonçant dès le début que la fille d'Anthony Hopkins est morte dans ses bras, le film tente de forcer l'empathie, mais les héros avec un trauma, c'est devenu la norme.
Il doit bien y avoir un truc original pour que ce projet soit porter à l'écran ? Oui, mais je ne peux pas vous en dire plus (pas pu m'en empêcher...). Le problème, c'est que tout le film semble reposer dessus et avant d'en arriver là, on tourne en rond et même le face à face Anthony Hopkins et Colin Farrell, est poussif. Certes, cela pose une question intéressante sur un débat d'actualité, mais après une série de clichés et de rebondissements bien fades, le temps semble bien long.

Le réalisateur Afonso Poyart tente de sauver l'intrigue, en nous abrutissant de plans stylisés. C'est souvent beau, mais à l'image des hésitations d'Anthony Hopkins, cela devient vite sans intérêt. L'ensemble du film donne une impression de contrefaçon, c'est clinquant mais sans saveur.
En dehors d'un Jeffrey Dean Morgan impeccable et trop rare, le reste du casting ne convainc jamais. Anthony Hopkins fait la même tête que sur l'affiche tout le long du film et se contente du minimum, il était surement préoccuper par son statut de producteur exécutif. Abbie Cornish fait office de plante blonde à la dentition d'une blancheur impeccable. A part cela, pas grand chose à se mettre sous sa dent, par peur de l’abîmer. Tout est bien trop propre et l'émotion superficielle.

En dehors d'un plan final réussi, on ne retient pas grand chose de ce produit quelconque, qui avait tout pour être un DTV acceptable. On pouvait aisément prédire le naufrage à venir, mais il y a toujours un soupçon d'espoir en chacun de nous, espérant que cela ne soit pas le cas...Après Le Rite, puis Prémonitions, Anthony Hopkins et ses deux producteurs Beau Flynn et Tripp Vinson vont surement récidiver et c'est surement ça le plus grave.

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