Chemin qui ne mène nulle part.

Avis sur Préparez vos mouchoirs

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16 octobre 1791 : Mozart présente au public pragois son concerto pour clarinette, afin que Gervase de Peyer puisse le jouer un jour.

5 décembre 1791 : Mozart décide de mourir à 35 ans pour imiter Charlie Parker et laisser un nom dans l'histoire de la musique.

2 septembre 1824 : Franz Schubert compose la Mélodie hongroise D.817 pour qu'Alfred Brendel puisse la jouer un jour.

19 novembre 1828 : Schubert décide de claquer à 31 ans du typhus, sans attendre d'être entièrement bouffé par la syphilis qui le rongeait.

11 janvier 1978 : Patrick Dewaere triomphe en compagnie de Mozart et Schubert dans Préparez vos mouchoirs de l'excellent Bertrand Blier.

16 juillet 1982 : Dewaere se tire une balle dans le buffet (froid) à 35 ans pour imiter ses amis compositeurs.

Petite transcription de l'une des scènes du film :

-Raoul (Gégé) : Putain, le mec à la clarinette, c'est pas un manchot...

-Stéphane (Dewaere) : Cherche pas, c'est le meilleur, Gervase de Brumer [de Peyer]. (à Solange, Carole Laure) T'as vu comment qu'y tripote son instrument, le père Gervase ?
[...]
-Solange : C'était quoi sa maladie à Mozart ?

-Stéphane : On sait pas exactement. Probable qu'avec un bon antibiotique il aurait écrit 40 symphonies de plus, et Beethoven, il aurait pu s'aligner...

[...]

Il existe au moins deux catégories de compositeurs :

-les tragiques : Mozart, Schubert, Beethoven dans ses derniers quatuors à cordes.

-les dialectiques : Beethoven dans ses symphonies...

Blier semble préférer les tragiques : Mozart est le personnage principal de Préparez vos mouchoirs, Schubert sera le personnage principal de Trop belle pour toi.

Dans la musique dialectique les dissonances finissent par se résoudre par un retour à l'harmonie, dans la musique tragique, les dissonances demeurent.

Misogynie à part, Patrick Dewaere distingue deux catégories de femmes : les emmerdeuses et les grandes emmerdeuses. Selon lui, Carole Laure n'appartient nullement à la première catégorie...

Et pourtant on l'aime, cette Carole, d'un amour oblatif, comme Gégé : c'qui m'importe, c'est qu'tu sois heureuse, ma Solange, même si y t'faut un aut' mec pour qu'tu cesses de faire la tronche...

Et elle retrouvera le sourire, la Solange, grâce au charmant Riton, 13 ans, un surdoué, pas que du QI.

Pourtant, les dissonances -l'incompréhension entre hommes et femmes- demeureront, d'où cette impression d'inachevé du film, mais ce chemin qui ne mène nulle part aura quand même été magnifique...

https://www.youtube.com/watch?v=CBjDc4Q_H9c

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