Princesse de l'hôpital

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Dans un monde où l'on ne sait pas quoi faire des "fous" à part les enfermer, la mère d'Anna Lappalainen se débarrasse d'elle à l'hôpital psychiatrique de Kellokoski.

Le film débute en 1945, où la seule solution semble être de saucissonner les patients sans distinction aucune, comme si avoir un trouble mental amenait quelqu'un en marge de l'humanité même. Mais est-on plus humain, de traiter quelqu'un de cette manière ?

Rapidement, l'on voit l'évolution de l'hôpital, du personnel soignant et des méthodes de traitement. On essaie d'aider les patients à redevenir "normaux". Anna Lappalainen, quand elle décide de sortir de son mutisme, se prend pour une princesse. Et en princesse, elle veut aider les gens. Il y a ceux qui pensent qu'il ne faut pas encourager son délire, que ce n'est pas comme ça que l'on soigne les gens.

Et il y a ceux qui observent, qui voient bien qu'elle n'est dangereuse ni pour elle ni pour les autres, et même qu'elle parvient à aider d'autres patients. Puisqu'elle aide, puisque ça la rend heureuse et les autres aussi, n'est-il pas mieux pour elle de la laisser dans son univers, même si cela veut dire qu'elle ne sortira jamais d'ici ? Prinsessa, la plupart du temps, semble ne pas s'apercevoir d'où elle est. Elle embarque les gens dans son monde et le monde devient un peu plus beau.

Bien sûr la réalité la rattrape, mais elle la rejette fermement. Qu'a-t-elle vécu avant pour en arriver là, le film ne le dit pas. Elle était danseuse et masseuse et puis... Et puis un jour elle a atterri là. C'est presque comme si une part d'elle avait choisi de vivre cette vie là parce que la vraie vie ne valait pas la peine d'être vécue.

On voit l'évolution des traitements au fil des années, des électrochocs aux médicaments en passant par la lobotomie, tout ce que les médecins ont pu essayer pour rendre les "fous" "normaux". L'un des médecins dit d'ailleurs que leur but est de soigner, même si l'on doit prendre des risques. Quitte à tester des techniques dont on n'a aucune idée de l'effet futur. Et ça fait mal de se dire que ça s'est passé il n'y a pas si longtemps.

Prinsessa, comme par magie, semble flotter au-dessus des traitements, y échapper. Le personnel soignant se divise à son sujet, certains persuadés qu'elle doit sortir de son délire et d'autres apprenant à la prendre comme elle est. Elle règne sans régner sur son hôpital-château et apporte couleur et humanité à un lieu qui en manquait cruellement. Et quand on voit les résultats des méthodes des médecins, et de celles beaucoup plus innocentes mais sans doute aussi plus sincères de Prinsessa, on se demande aussi lesquels sont les plus fous.

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