PTA en mode mineur!

Avis sur Punch-Drunk Love, ivre d'amour

Avatar Simon Deschamps
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Assez fâché avec PTA depuis Magnolia (que je déteste) , ce Punch Drunk Love , réalisé avant There Will be blood et bien avant The Master (qui m'a permis de définitivement me réconcilier avec lui) , occupe une place mineure dans sa filmographie.
C'est ce qui me séduit globalement dans le film mais c'est aussi sa limite.
Le côté anecdotique de l'ensemble semble complètement assumé , ce qui diffère de Magnolia dont le côté opératique et autoproclamé grandiose m'avait agacé et ennuyé.
Avec ce film, il commençait sa mue vers une filmo un peu plus tournée vers le public et non autocentrée sur sa propre virtuosité. C'est ce que je reprochais aussi à un film comme Boogie Nights, que j'aime bien mais dont l'histoire était au service du talent du cinéaste. Il se regardait trop filmer . Et prenait finalement assez peu de risques je trouve.
Punch drunk love diffère de tout ça. L'histoire qu'il nous raconte est modeste, racontée modestement , sans envolées lyriques, sans effets de style, plus subtilement qu'avec ses films précédents.
Tout cela me séduit , au moins dans la première partie, rythmée par des séquences chorégraphiées intenses , où le suspense semble tenu , sur le fil du quotidien, d'enjeux mineurs à qui la musique donnent une ampleur prenante.
Un coup de fil anodin à un téléphone rose, dans une séquence géniale , donnera lieu à une sous intrigue surprenante. Mais aussi à une deuxième partie plus faiblarde, plus paresseuse, et même carrément bâclée.
La dernière confrontation entre Adam Sandler et Seymour Hoffman en est d'ailleurs symptomatique. Le "on en reste là" répété plusieurs fois par le personnage de SH qui s'est acharné depuis 1h30 à détruire Adam Sandler et qui là lâche l'affaire en 2 min , me parait peu crédible et la preuve soit d'une paresse scénaristique soit d'une preuve tangible que PTA ne savait pas quoi faire de cette sous intrigue.
PTA ne voulait pas donner une trop grande ampleur à un film qu'il voulait mineur, une respiration après la lourdeur de Magnolia. En tout cas, c'est ce que je ressens en regardant le film.
Sa poésie discrète et le comique à la Jacques Tati (qui ne fonctionne pas totalement) donnent au film un charme indéniable.
Je vois PDL comme une promesse par PTA d'avoir entendu mes réserves sur ses films précédents et d'en tenir compte plus encore pour ses oeuvres à venir . Merci à lui , c'est sympa de m'avoir écouté et ça valait le coup d'attendre .

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