THOROUGHBREDS – BAIN DE PUR-SANG [CRITIQUE]

Avis sur Pur-sang

Avatar Jonathan Travers
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Un film très indé dont la première date de 21 janvier 2017 (au Festival de Sundance) vient tout juste de sortir en salle en Amérique du Nord: Thoroughbreds. Avis live from Québec.

C’est un premier film pour l’américain Cory Finley dans lequel on peut voir Olivia Cooke, Anya Taylor-Joy et le regretté Anton Yelchin interpréter une passionnante galerie de personnages. Le film relate l’amitié orageuse entre deux adolescentes de banlieue : l’élève modèle d’un côté, et l’autre jeune cavalière, qui vient de blesser son cheval.

Corey Finley sort totalement de nulle part. Son agent a envoyé le scénario à plusieurs compagnies de productions, et même à des studios de théâtre. Finley n’avait aucune attente, mais les cinéastes Nat Faxon et Jim Rash (The Way, Way Back, The Descendants) ont vu le potentiel de ce film, et ont alors décidé de le produire.

Finley s’est donc retrouvé avec un premier film à réaliser entre les mains, sans réelle expérience. Pour un premier shoot, on peut dire que c’est réussi. C’est une comédie noire à suspense où deux jeunes filles aux antipodes en ce qui concerne tout ce qui est sentimental, Lily et Amanda, décident de tuer le beau-père prétentieux et riche de Lily. Le film se divise en quatre chapitres, augmentant l’intensité entre chacun.

Ce film joue donc principalement sur la difficulté que peuvent éprouver de jeunes adolescent(e)s avec leurs beaux-parents. En outre, plusieurs autres thèmes sont aussi touchés par le récit: l’extériorisation des sentiments, l’amitié, l’honnêteté et l’affirmation de soi, par exemple. Bref, c’est un curieux ‘coming-of-age’ à suspense comme on en voit peu souvent.

Chose sûre, Finley est un créateur de personnages hors pair. Ce film est fait pour des acteurs qui souhaitent sortir de leurs zones de confort et livrer une performance étonnante. C’est ce que la distribution réussit à faire. Olivia Cooke (Bates Motel, Me and Earl and the Dying Girl), Anya Taylor-Joy (The Witch, Split) et même Paul Sparks (Boardwalk Empire, House of Cards), dans le rôle du beau-père, se prêtent au jeu de manière remarquable. Nous n’avons pas fini de voir les deux jeunes femmes, qui jouent les protagonistes du film, au cinéma. Elles sont de jeunes très talentueuses et l’avenir est grandiose pour eux.

Pour ce qui est de Anton Yelchin (Star Trek, Green Room), il nous livre une grande dernière performance dans le rôle d’un prédateur sexuel/revendeur de drogue/aspirant « homme d’affaires ». Triste de penser que nous le reverrons plus au grand-écran, car il était bourré de talent, sans aucun doute.

C’est un bon scénario écrit par Finley. On ne sait pas ce qui nous attend et c’est écrit d’une manière habile. En revanche, les dialogues sont peut-être trop présents. Un peu plus de « show, don’t tell » aurait été fort apprécié. On ne se doute aucunement que c’est une première réalisation par contre. C’est comme si le cinéaste savait ce qu’il faisait. C’est peut-être grâce au directeur de la photographie, Lyle Vincent (The Bad Batch, A Girl Walks Home Alone at Night), qui lui a beaucoup plus d’expérience.

Une autre première dans ce film est pour le musicien Erik Friedlander. Il est un violoncelliste assez connu ayant travaillé avec Laurie Anderson, Courtney Love et Alanis Morissette. Pour une première fois, il assure la musique originale d’un film. Pour un début, c’en est tout un bon. Il nous sert une des musiques les plus étranges de l’année 2017 dans laquelle plusieurs bruits singuliers s’entremêlent. Celle-ci rend bien l’anomalie voulue du film. Friedlander crée une ambiance parfaite comme seuls les grands savent le faire.

Verdict final; c’est étrange, oui, mais pas assez. Comme si mon niveau d’étrangeté avait atteint son apogée avec The Killing of a Sacred Deer. La barre est désormais très haute pour me déstabiliser et Thoroughbreds a plus ou moins réussi. Malgré tout, le film est tout de même une réussite et Corey Finley est désormais un nom à surveiller.

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