Copinages à Copenhague

Avis sur Pusher

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Nicolas Winding Refn, on le connaît surtout pour avoir réalisé l'extatique Drive. Enfin je parle surtout pour moi qui n'avais pas encore vu le moindre de ses autres films ; mais rien que leurs affiches, montrant pour la moitié des torses - ou dos - masculins tatoués et musclés, on se dit que le danois et sa gueule d'ange voue une sacrée fascination pour les gros bras...

L'autre première avec ce Pusher, son premier film et celui d'une série de trois, ce sont les débuts d'un Mads Mikkelsen la boule à zéro et le respect à la nuque. Une bonne grosse tête de nazi scandinave qui fait peur surtout. Scandinave parce que ce réalisateur prometteur (26 ans à l'époque) se trouve être d'origine danoise. On s'intéressera donc aux gros durs du coin, après une présentation de ces messieurs du genre "ombrageuse", sur de l'excellent hard-rock qui ne fera que se "métaliser" au fur et à mesure que le film avancera...

Celui que l'on suivra c'est Frank, ou Frankie, dealer "légèrement" endetté qu'un gros coup foiré en compagnie de son homme de main au crâne glabre, après un petit entubage savoureux, mettra dans une sacrée panade. Ce type extrêmement violent, joué avec force par Kim Bodnia, ne semble avoir pour seuls "amis" que ceux avec qui il bosse, et en particulier son associé passant son temps à lui parler crument de cul, à le chambrer et à simuler des agressions physiques. Chacun son truc... En revanche, Frankie, d'après ses dires, ne pourrait pas sauter une catin parce que ça le gênerait qu'elle le fasse en ne pensant qu'à son fric. Sauf qu'il sort lui-même avec une "entraîneuse", et franchement, vu comment il la traite, le type n'est pas à un paradoxe près. Parce qu'au fond, Frankie c'est le fric qu'il aime, qu'il vénère. Le reste n'a aucune valeur à ses yeux, pas même sa propre mère...

Finalement, on se rend compte que Pusher ne balance pas tant de scènes violentes que ça... Par contre celles qui le sont, même si suggérées, le sont vraiment ! Ce qui m'a plu notamment, c'est que l'on finit par comprendre que tout le monde doit de l'argent à tout le monde. Une parabole du système financier ultra-libéral dérégulé ? Pas impossible. Aussi, la relation qu'entretient Frankie avec l'homme de main de son boss m'a intrigué. Elle reste aussi fausse que les autres, mais on sent que ce dernier s'en fout un peu moins. D'ailleurs, il souhaite décrocher. Le personnage le plus attachant quoi ! ^^ Mais pas autant que la meuf de Frankie, qui fait un peu pitié malgré son joli minois.

Alors vous allez me dire que tout ça n'a rien de bien original, et n'a pas vraiment de fond non plus. J'aurais du mal à vous contredire. Mais je crois pouvoir affirmer que le talent du réalisateur fait le reste : caméra à l'épaule, ses gros plans nous immergent parfaitement dans ce monde de beaufs et de boeufs à côté de la plaque. Aussi, la photographie a un grain particulier, presque hypnotique, et le rythme nerveux empêche de décrocher une seule seconde. Et puis cette bande-son ! Mamamia, tout ce que j'aime !

Par contre, j'aurais aimé que Nicolas Winding Refn trouve une autre manière de conclure. Car même si l'épilogue reste ouvert, et qu'on devine bien ce qui va se passer, c'est un peu lâche je trouve de finir comme ça... M'enfin voilà quoi, ce gros con dépendant à la thune n'a probablement eu que ce qu'il méritait ! :p

7,5/10

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