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Avis sur Pusher II : Du sang sur les mains

Avatar Jake Elwood
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En 2004, Nicolas Winding Refn connait de gros problèmes financiers à cause de son film Fear X (2002) qui fut tourné au Canada pour une somme astronomique avant d’être un échec au box-office. Il pense alors à créer une suite de son film de 1996 Pusher qui était à l’époque (et peut-être l’est-il toujours ?) le plus gros succès commercial pour un premier film au Danemark. Il décide finalement d’en faire une trilogie. Ainsi, Refn a prouvé à tous qu’il est possible de faire un travail intéressant artistiquement bien que la genèse du projet soit mercantile. Prends ça dans tes dents Hollywood.

On pourrait affirmer que Pusher, premier du nom, avait tendance à embellir le milieu des gangsters et de la drogue par moments. Ce n’est absolument pas le cas de With Blood on My Hands : Pusher II. Bien que Pusher I montre le déclin d’un homme froid dans un milieu qui l'est tout autant, nous n’entrions jamais tout à fait dans sa tête pour connaitre ses sentiments. Dans Pusher II le spectateur ressent la peine de Tonny et la froideur des gens qui l’entourent. Le film est un véritable docu-fiction qui mise sur un réalisme remarquable. A ce titre, seuls trois personnages sont incarnés par de vrais acteurs. Le reste du casting est composé de gens du milieu ce qui aide grandement pour sa crédibilité et son authenticité.
Par ailleurs, la seconde partie du film a son lot de scènes esthétiquement magnifiques, presque oniriques, qui aident à ralentir le rythme du récit et laissent le spectateur reprendre son souffle. La photographie, très rouge, et la musique planante se fondent sans problème dans l’histoire, accompagnant la consommation de drogue et d’alcool de Tonny à la perfection.

Mads Mikkelsen, Zlatko Buric et Leif Sylvester, les trois acteurs professionnels, font un gros boulot, comme toujours pour les deux premiers, le troisième nommé étant plus connu pour ses peintures. La surprise vient de ces acteurs d’un jour arrivés directement de la rue. Ils participent tellement au réalisme du film et à son côté cru qu’il y a fort à parier que des professionnels n’auraient pas su mieux faire. Filmé caméra à l’épaule, Pusher II dispose de scènes astucieuses, et la combinaison du jeu de couleurs (rouge et vert principalement) et de la bande-son dans laquelle on retrouve notamment The Bleeder Group et A Rex permet une mise en scène qui maintient une ambiance lourde, presque effrayante, tout à fait réussie.

On ne peut que recommander Pusher II, et même la trilogie dans son ensemble.

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