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Avis sur QT8 : The First Eight

Avatar Heurt
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L'homme au grand menton est un génie, c'est ce que scandent les acteurs présents dans ce documentaire. Un discours tellement rodé et si appliqué pour fournir les bonus des dvd qu'on se demande si tout ce joli monde ne fait pas que de réciter une formule maintes fois répéter. C'est un peu le retour de bâton que de dire à tout bout de champ que tout est une expérience incroyable. Les américains font tellement de la lèche en rendant n'importe quelle daube fantastique qu'on en vient presque à douter de la sincérité des propos sur le réalisateur. Enfin pour la plupart d'entre eux croiser la route d'un gars comme Tarantino est une vraie chance pour leur carrière. Michael Madsen, Tim Roth, Chritoph Walzt, savent la chance qu'ils ont eu de rencontrer ce réalisateur. La plupart des acteurs (pas tous) qui officient sous la direction du réalisateur ne sont pas très bons. D'ailleurs il n'y a que chez le cinéaste qu’ils trouvent des rôles importants, sinon ils sont plus souvent à l'affiche de série b foireuses. Le doc prend les films de Tarantino un à un jusqu'à The Hateful Eight et raconte l'avancer du réalisateur. Tarantino étant certainement l'un des cinéastes les plus au devant de la scène actuellement, on sait tout de lui, il est donc ardu d'apporter de nouveaux éléments. Cependant le doc révèle certaines choses comme les images d'accident d'Uma Turman pendant le tournage de Kill Bill. Les images supplémentaires de films de Tarantino sont assez rares. Les acteurs apportent aussi des anecdotes, et évoquent l'approche du cinéaste avec le cinéma. Tout au long du doc des citations du réalisateur sont présente, il dit qu'il vole et qu'il ne rend pas hommage. Si cette citation est vraie le réalisateur n'avoue pas certains empreint évident de Reservoir Dogs et True Romance . Ce doc place pour une fois des bouts de films dans lesquels Tarantino pioche. S'il y a bien une chose qui faut lui reconnaître c'est son bon gout pour les éléments forts d'autres films, comme par exemple les noms de code fait de couleurs piqué au film The Taking of Pelham One Two Three . On n’oublie pas de parler de sa monteuse Sally Menke que le réalisateur dit considérer comme sa collaboratrice. Depuis la mort de cette dernière(et l’échec commercial de boulevard de la mort) le cinéma de Tarantino a fortement changé, il n'est plus du tout le même. Autant dire qu'elle avait une très forte importance quant à la réussite des films de Tarantino. Selon les intervenants elle pouvait lui dire quand il se regardait filmer. Elle fait sans nul doute parti intégrante du bon fonctionnement des premiers films du réalisateur.

L'affaire Weinstein est évoquée, on nous dit que Tarantino savait et qu'il a immédiatement coupé tout contact avec le producteur une fois les révélations faites. S'il y avait bien une personne de poids face à Weinstein c'était bien Tarantino, donc pourquoi n'a-t-il rien fait? Lui qui reprochait jusqu’alors au réalisateur John Ford d'avoir participé au film Naissance d'une nation. Un Ford alors âgé de 21 ans et dont la carrière de réalisateur n'avait pas encore débuté. Le jeune homme qu'il était ne devait pas tout connaître du cinéma et peut-être même pas l'orientation qu'allait prendre le film de David Wark Griffith. Lors des révélations sur Harvey Weinstein Tarantino était loin d'avoir pour lui la naïveté de la jeunesse. J'ai le souvenir d'une interview de Tarantino qui se vantait d'avoir fêté le nouvel an dans une soirée dans laquelle n'était présentent que des mannequins. On sait aussi que les agences de mannequins organisent des rencontres entre filles et gens importants, Di caprio organise lui même ce genre de chose, bon son physique plus plaisant que celui de Weinstein lui permet certainement d'obtenir le consentement des filles. Donc si Tanrantino n'a aucune affaire sexuelle à son actif, il a certainement dû lui aussi dans une autre mesure user de son pouvoir. Le cinéaste a une énorme culture cinématographique c'est certain, et il a permis à tout un tas de personnes de découvrir via ses interviews et ses longs-métrages, des films, des réalisateurs, des acteurs, des genres etc. Seulement si sa force était de piocher dans ce cinéma il l'a tellement crié partout que le public s'est tourné vers ces films. C'est là que le serpent se mord la queue, puisqu'une fois les références découvertes on ne peut que voir que le cinéma qui alimente la filmographie de Tarantino surpasse son travail. Comme le dit Jean-pierre Dionnet on connaît actuellement plus Argento que le cinéma de Bergman. C'est certainement exagéré mais c'est vrai, Tarantino a orienté pas mal de gens vers ce cinéma. Il a éclairé des genres sous-estimés, mis l'accent sur des réalisateurs que l'on considère aujourd'hui, et il faut avouer que c'est un juste retour des choses. Mais en distribuant ses références culturelles Tarantino s'est tiré une balle dans le pied. Le doc fait le bon choix en évoquant les films l'un après l'autre, car on ne parle pas uniquement de la personnalité du bonhomme mais aussi des personnages et de la façon avec laquelle il les envisage. Le cinéma de Tarantino n'a jamais eu grand chose à dire, mais depuis qu'il tente d'apporter un fonds historique dans ses récits c'est la catastrophe. Il scande qu'il veut arrêter avant de faire le film de trop, seulement il y a bien longtemps qu'il l'a fait ce fameux film de trop.

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