Lhermitte sort de sa grotte. (Oui, j'ai honte)

Avis sur Quai d'Orsay

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Avant-première et Masterclass de Thierry Lhermitte et Bertrand Tavernier dans le cadre de mes études.

Je partais avec un apriori plutôt négatif. Je ne comprenais pas, pourquoi, et comment, Bertrand Tavernier, pouvait opérer un tel changement de style, et ce, aussi soudainement. Surtout, que je voue une incroyablement admiration, aux scénaristes, réalisateurs, et comédiens, qui parviennent à fournir une comédie réussie, car à mes yeux, il n'y a rien de plus difficile que de créer une comédie...drôle (Sinon, ce serait assez facile).

Le film commence, et là...Surprise. Le film est très bien rythmé, et d'une fluidité folle. Du moins, c'est ce que je croyais dans les premières minutes. Car malheureusement, le film souffre de baisse de rythme, notamment dans sa deuxième partie. Et perd de sa fluidité, à cause d'inter-titres aussi peu intéressants, que longs.

Mais le vrai gros problème se trouve au niveau de la forme. Le film est finalement centré autour de discours, sans cesse écrits et réécrits par le personnage campé par Raphaël Personnaz. Et malheureusement, cette idée d'écriture et de réécriture vient créer une répétitivité très vite fatigante. Ce qui était amusant dans son début, en devient très vite saoulant.

Et ces premières minutes agréables, viennent se répéter indéfiniment. Le film semble être fait de boules, au cours desquelles des feuilles s'envolent et des portes claquent face à l'énergie du ministre; un employé s'endort; un autre se plaint de ne pas avoir le temps de manger; Lhermitte stabilote des citations qu'il récite à ses assistants, ne faisant que les embrouiller; des discours sont rendus, non-lus et pourtant jugés; une tension sexuelle flotte dans les bureaux. La première fois, c'est drôle. La deuxième moins. La troisième, on souffle. La quatrième fois, on s’endort.

Il n'y a pas vraiment d'histoire. Il y a un début, oui. Mais une fin, pas vraiment, juste un discours. D'après Tavernier, ce discours est un discours inspirant, et le seul, à ce jour, applaudi à l'ONU, car si le film s'inspire d'une bande dessinée, elle s'inspirait quant à elle, de la réalité, puisqu'Abel Lanzac/Antonin Baudry, a travaillé pour Dominique de Villepin, dont le ministre est inspirée, et dont le discours avait été applaudi à l'ONU. Mais, malheureusement, dans ce film, ce discours manque vraiment de souffle, et vient conclure le film sur une note molle. Ce manque d'histoire est certainement dû au fait que la bande dessiné est un format assez court. En faire un film n'était donc pas chose aisée. Il faut donc apporter du contenu, et raconter le couple que forme le jeune plume avec sa fiancée institutrice n'était absolument pas pertinent. On est face à de l'humour, dans un univers politique, pourquoi raconter une histoire d'amour, surtout quand celle-ci ne possède aucune péripétie ?

Aussi, les personnages sont creux. Enfin, pas vraiment creux. Ils ont tous leurs gestes précis, leurs identités, les rendant tous différentiables, mais ils manquent de fond. Ce manque de profondeur, vient une nouvelle fois créer de la répétitivité. L'idée de garder leur aspect caricatural était une excellente idée. Mais ce qui fonctionne en une page, en devient pénible sur un film de plus d'une heure trente. J'en avais marre des "Tchak-Tchak-Tchak", des listes de trois mots du ministre, de l'alcoolique pervers, et des choses citées bien plus haut. Mais heureusement, ces personnages sont brillamment interprétés. Thierry Lhermitte n'a pas été aussi bon depuis des décennies. Il est brillant dans ses intonations, dans ses regards, dans ses gestes. Niels Arestrup est brillant également. Lui que l'on connait pour ses rôles riches en émotions (que cela soit colère, ou peine), incarne ici un directeur de cabinet, désabusé, excellent dans son travail, mais exténué, fatigué, et un poil blasé. Les seconds rôles sont aussi extraordinaire, dans le sens où même si on les voit peu, on les reconnait à chaque apparition.

Bon...je suis conscient que ma critique est confuse. Je ne voulais pas la faire au départ, et puis, les mots ont su, un tant soit peu, se poser sur mon écran. Pour résumer, loin d'être une comédie parfaite, cela reste un film plutôt agréable, à ne pas voir pour son histoire, mais pour ses moments et surtout ses comédiens. Mais attention, l'ennui peut parfois pointer le bout de son nez.

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