Russie, je t'aime

Avis sur Quand passent les cigognes

Avatar Northevil
Critique publiée par le

Décidément, j'aime et j'admire le cinéma russe. Je l'avais découvert avec Eisenstein, poursuivi avec Sokourov, Tarkovski ou encore Vertov il y a seulement 2 jours avec L'homme à la caméra, une autre perle de cette contrée cinématographique merveilleuse. Je dois aussi dire que chacun de ses réalisateurs a récolté au moins un 10 de ma part, c'est dire si j'aime ce cinéma.

Donc, j'attends toujours avec impatience une nouvelle découverte venant de cette région du monde, 2 jours plutôt je le disais je découvrais avec grand plaisir Vertov ; et aujourd'hui, grâce à Torpenn et sa liste d'édification, je découvre Kalatozov plus tôt que prévu (celui-ci était dans ma liste d'envie mais pas prévu aussi tôt) et avec un nouveau plaisir non dissimulé (et encore un 10).

Il faut dire que les russes sont des maîtres de la mise en scène, ne citons qu'en pagaille Le cuirassée Potemkine, L'homme à la caméra, L'enfance d'Ivan ou plus récemment Faust, pour voir que dans la réalisation, ils font preuve de trésors d'imagination pour créer des oeuvres toujours plus inventives visuellement.

Et ce film ne déroge pas à la règle, grâce à de sublimes travellings, des poses de caméra en plongées ou contre-plongées splendides, et un génial plan séquence dans la gare (encore une fois dans un travelling magnifique), des jeux de lumière et de sons grandioses lors de la scène de bombardement et de la déclaration de Marc, ou encore les différentes séquences de foule dans laquelle est entraînée Véronika, parfaitement orchestrées pour un résultat magnifique. Kalatozov arrive à la fois à innover magnifiquement, tout en rendant hommage aux précédents maîtres, en utilisant par exemple à merveille la technique du montage des attractions inventé par Eisenstein. Tout ça pour dire que j'ai encore découvert une nouvelle manière de mettre en scène qui confine au génie.

Voilà pour la mise en scène, passons maintenant à l'histoire, qui n'a pas cessé de m'étonner et de me surprendre tout du long, offrant des moments tout à fait inattendus au fur et à mesure que l'intrigue se développe et se construit, avec des rebondissements géniaux. Ce qui est génial, c'est que ce n'est pas juste une histoire d'amour entre deux personnes séparés par la guerre, l'une devant attendre l'autre. Non, justement ce "suspense" est vite cassé, afin que l'on puisse surtout assister à tout ce qui arrive après, les conséquences de nos choix, et les différentes répercussions. D'ailleurs, on en a un aperçu lors de la séquence où Boris va partir, lorsqu'ils se cherchent l'un l'autre, avec la boîte de biscuit. Ce moment est une sorte de métaphore de ce qui arrivera par la suite dans l'histoire.

Ce film m'a donc offert encore une fois une expérience merveilleuse dans ces contrées lointaines, j'attends avec impatience mon prochain Kalatozov.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 1675 fois
41 apprécient

Northevil a ajouté ce film à 20 listes Quand passent les cigognes

Autres actions de Northevil Quand passent les cigognes