1h30 de bonheur.

Avis sur Quartet

Avatar Boubakar
Critique publiée par le

Après un premier essai avorté à la fin des années 1970 avec Le récidiviste, où il a dû quitter son poste de réalisateur, Dustin Hoffman passe enfin derrière la caméra, à 75 ans, avec ce que j'appelle un bonheur visuel et auditif, pour un sujet qui, au départ, peut rebuter.
Ça raconte la vie d'une maison de retraite pour des musiciens, chanteurs d'opéra, concertistes, violoncellistes, qui préparent chaque année un concert en l'occasion de l'anniversaire de Verdi, mais dont les fonds sont utilisés pour financer l'entretien de la maison. Leur vie tranquille va être chamboulée par l'arrivée d'une grande chanteuse de classique, et ex-femme d'un des pensionnaires.

Bien que Dustin Hoffman soit américain, il faut préciser que Quartet est un film totalement anglais, à la production comme le casting, mais aussi par son ton ironique, et avec le charme de ces films anglo-saxons, où personne ne se tire la couverture, où la grossièreté est le sommet de l'indécence... J'avoue que je ne m'attendais pas à ça, d'autant plus que la moyenne d'âge dépasse les 70 ans, donc je ne suis pas le cœur de cible à priori, mais il faut dire que tous sont formidables. Aussi bien Maggie Smith, Tom Courtenay, Bill Connolly, Pauline Collins ou Michael Gambon, y compris des seconds rôles, dont plusieurs anciens musiciens retraités, il se dégage une sérénité, et un calme dans ce film qui me laisse pantois d'admiration. C'est également assez drôle, notamment quand Tom Courtenay compare le rap à la musique classique, le délicieuse perversité de Bill Connolly qui drague sans arrêt la charmante infirmière jouée par Sheridan Smith en dépit que sa prostate l'oblige à pisser tout le temps. Mais également, c'est sans fard sur le temps qui passe, où il souffle un vent de nostalgie, mais aussi la maladie qui frappe certains pensionnaires, comme les problème de prostates,les hanches qui font souffrir, ou encore le personnage de Pauline Collins frappée par la maladie d'Alzheimer, qui semble parfois retomber en enfance, c'en est très touchant.

Il y a quelque chose de léger au fond dans ce film, que j'ai trouvé merveilleux, amusant, léger, émouvant, tout ce que retrouve au fond dans les comédies britanniques quand elles sont réussies. D'ailleurs, j'ai vu que c'est tiré d'une pièce de théatre, ce qui explique sans doute qu'il ait peu de scènes en extérieurs.
Dernière chose, dont je trouve l'hommage magnifique, c'est que durant le générique de fin, on voit en images l'intégralité du casting, dont de véritables musiciens, avec en parallèle leurs photos dans leur jeunesse, avec la fonction qu'ils occupaient, certains durant les années 1940, et ce, avant d'aller sur le casting principal, d'où le Quartet du titre. Il y à là aussi une forme de modestie typiquement anglaise, qui fait que Dustin Hoffman a parfaitement compris l'esprit du film, ses acteurs, l'écriture, pour un film vraiment réussi.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 9 fois
1 apprécie

Autres actions de Boubakar Quartet