Mieux qu'un vaccin ?

Avis sur Queen & Slim

Avatar GerardDenfer
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Et pourquoi pas un petit blaxpotation du dimanche soir ? En plus, j’adore Daniel Kaluuya, rôle principal. On le voit pas mal en ce moment, il a bien la hype. Donc, pas la peine pour lui de signer à tout prix histoire de montrer au monde entier de quoi il est capable. On sait de quoi t’es capable, mec. Et quand tu as lu le scénario de Queen and Slim, je suis sûr que tu t’es dit, oué, pas mal, allons-y !!

Donc, nos deux magnifiques blacks (rôle féminin Jodie Turner-Smith, que je ne connaissais pas, spectaculaire) ont buté, en légitime défense, un flic raciste avant que lui-même ne les assassine. Mais comme ils sont noirs, ils se disent assez justement que les collègues du flic vont d’abord leur tirer dessus et discuter ensuite. La caméra de surveillance a tout filmé, la scène est visible, et vue, de tous, mais ça risque de ne pas suffire encore pour éviter les balles, ils prennent la fuite.

Le scénario donc, c’est un road-movie de facture classique, ou les deux protagonistes comme on s’en doute, vont finir par forniquer. Mais surtout, qui est l’occasion de les confronter, et le spectateur avec, de rencontres en rencontres, à toutes sortes d’avis et réactions différents sur ce qu’ils ont commis. Il y a un coté répétitif un peu, énumératif, ils roulent, ils s’arrêtent, les gens les reconnaissent, et ils exposent leur point de vue : Ils approuvent, ils soutiennent, ils désapprouvent (peu), ils s’en foutent, etc.

Rien de bien folichon, mais ça aurait pu marcher. Mais ça marche pas. Alors, pas du tout. La faute à une réalisation médiocre et un montage incompréhensible.

La réalisation d’abord : Melina Matsoukas vient du clip et de la série télé, et ça se sent (que c’est toi non rien d’autre que toi. Que toaaaaa, non rien d’autre que toi !). Son vocabulaire cinématographique s’arrête à « focale longue, plan serré, champ-contrechamp ». Je crois que pas une seule fois, sérieux, deux personnages dialoguent dans un même plan. C’est horrible à la longue.

Certes, l’avantage supposé du champ-contrechamp, c’est qu’on peut choisir son rythme au montage.

Patatras !

L’auteur de cette abomination de montage, devrait être lapidé à coups de bobines 35mm. J’explique le procédé systématique : plan serré, personnage parle, personnage parle plus, plan continue, cut, plan serré sur l’autre personnage, personnage parle pas encore, personnage parle, personnage parle plus, plan continue, cut, plan serré sur l’autre personnage, personnage parle pas encore, personnage parle, etc. etc.

Une sentiment de lourdeur infinie s’empare du spectateur, qui s’enfonce dans son siège, se tasse sur lui-même pour bientôt rejoindre la position fœtale, les symptômes du COVID-19 l’envahissent, maux de tête, fièvre, difficultés respiratoires...

Attention ! Le gouvernement pourrait bientôt rendre le visionnage de ce machin obligatoire : après deux heures de détresse, le respect du confinement pour les semaines à suivre du spectateur mortifié est assuré.

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