Rec, tome II

Avis sur [REC]²

Avatar FoxmcCost
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* MASSIVE SPOILERS *

J'avais plutôt bien aimé le premier opus. Ce qui faisait peur, c'était avant tout la peur de l'inconnu, on savait jamais d'où les zombies allaient sortir, et vu que les personnages étaient de sympathiques sapeurs espagnols et deux trois journalistes, les voir courir de droite à gauche dans cet immeuble étroit suscitait une certaine claustrophobie. Et puis ça n'oubliais pas d'être divertissant façon train fantôme et de nous donner du sang au bon moment.

Dans le deux on suit un groupe d'intervention, c'est à dire quatre virils péglands armés jusqu'au dents qui décident de filmer leurs exploits à l'aide de caméras sur leur casque, et qui débarquent sur les lieux avec un scientifique pour récupérer on-ne-sait-quoi. En voyant la couverture du DVD de ce magnifique éditeur qu'est Wild Side, je m'étais dit que ça pourrait ressembler à un survival-horror PC en film, avec vue FPS et headshots à tout va. Mais non, en fait les réalisateurs ont décrété que les mitraillettes de la police n'étaient pas capable d'arrêter la course d'un zombie modèle grand mère, et que pour les tuer le seul moyen était le fusil à pompe à canon scié pour démonter les portes à bout portant dans la tête. D'un côté ça aurait été trop simple, mais là voir trois militaires entraînés vider leur chargeurs n'importe comment dans le plafond c'est rigolo quoi.
Et puis c'est quoi ces zombies qu'ils nous ont collés ? Je veux bien qu'ils aillent vite mais pourquoi, pourquoi ils se jettent TOUJOURS sur la caméra pourtant placée sur le CÔTE du casque pour qu'on voie leur maquillage (très bien fait en passant), sérieux c'est pas des zombies c'est des gamins en vacances devant le tournage d'un JT TF1...
Donc on découvre que le scientifique avec la tête de Peter Cushing était en fait un cureton du vatican tellement balèze qu'il se trimballe avec un couteau de chasse et peut bloquer des zombies derrière une porte avec la force du Saint-Esprit, et que ça à un rapport avec la religion: il faut retrouver une fiole de sang du zombie original pour un antidote. Je vous le donne émile, les mémères pleines de grenadine ne sont pas des zombies (OOOoooooh....) mais bel et bien... des SUPPÔTS DE SATAN !! Des possédés qui se foutent à parler avec la voix la plus clichée possible depuis le génial exorciste avec des dialogues tellement bien écrits que j'en ai encore la larme à l'œil, tel que ce magnifique extrait que je me dois de vous présenter:

Le curé: -"Où est elle ?"
Le suppôt de satan: -"Boooarp... DANS LA CHATTE A TA MÈRE... Hihihoho !"

Je sait pas ce qu'ont les réalisateurs espagnols et leur "Nouvelle vague fantastique" bien surestimée mais voir le diable partout commence à être vraiment lassant. Enfin c'est quand même mieux qu'en France, mais revenons à nos moutons. Donc ils trouvent la fiole dans un conduit d'aération qu'ils ont dégagés en tirant comme des branques dans le plafond (scène qui fout un petit peu de tension, je dois l'admettre) mais ces boulets finissent par la détruire. Supeeeer, mais le film ne tiendrais jamais une heure et demi ! Et puisque les militaires n'auraient jamais tenu assez longtemps, les réalisateurs se sont dit "Tiens, on va faire entrer une bande de jeunes kikoulols, un personnage raisonnable et bien joué (pour une fois !) et un père éploré bien casse-burnes." Donc le père éploré et son ami pompier passent par les égouts pour aller sauver une fifille malade (c'est meûgnon) suivis par les kikoulols qui veulent filmer l'infection. Devinez qui y passe le premier: le père éploré qui se fait massacrer par los viriles policiacos de españa qui le lancent par dessus la rambarde de l'escalier avec un très joli SPLATCH en contrebas à la clef.
Puis les deux groupes s'isolent dans des appartements. Les boulets explorent l'appartement dans lequel cureton avait enfermé le zombie, qui se met à utiliser son transfert vocal pour imiter un bébé pour les amadouer. Et là attention, imagination de scénariste, ils tuent le zombie de la sœur du monsieur éploré... avec un pétard fusée ! Bordel ils sont puissants leurs pétards, on dirait une fusée de flare-gun puisque ça lui fait sauter la tête, je veux les même, Max Brooks n'y avait vraiment pas pensé à celle là !
Bon ils sont rejoints par les militaires, et attention: par l'héroïne du premier ! Comment elle à survécu, missing reel, mais elle à toujours sa caméra (réflexe je suppose) et son débardeur tâché de sang. Suspicieuse ? Naaaan.

Mais bon, Evangélisator leur annonce qu'il ne donnera pas l'ordre d'évacuation, qui ne fonctionne qu'avec sa voix, tant qu'ils n'auront pas récupéré un échantillon de la Niña machintruc, c'est à dire le gros zombie du final du premier opus. Après s'être débarrassés des deux kikoulols les plus chiants (dont un a été mordu) et gardés le caméraman, ils arrivent à l'étage et découvrent une vérité stupéfiante:
Mr. Le curé qui a bien fait son cathé nous ressort un obscur (notez le sarcasme) passage de la bible selon lequel quelqu'un aurait été exilé dans les ténèbres. Et en fait les ténèbres sont en Espagne, JE LE SAVAIS ! ... Dans un immeuble au dernier étage. Euh... ben je suppose que les anges ou quoi que ce soit l'avaient bâties en l'air et que les maçons espagnols ont eu un éclair de génie et ont bâti l'immeuble autour.
[R3C°] devrait être un préquel, si ça se trouve on verra les constructeurs de la maison avoir des visions et construire ce putain d'immeuble, je sais pas... ce serait terrible de les voir transporter les Ténèbres dans des brouettes jusqu'à l'étage. Ou alors ils ont lu Lovecraft et repris le coup des Ziggourat, mais les angles de l'immeuble sont d'un banal...

Donc en fait à chaque fois qu'on éteint totalement la lumière le décors change et on aperçois une jolie porte là où se trouvait un mur, un tombeau à la place des tables à goûter de l'équipe technique (qui avale goulûment le dernier viril défenseur de l'Espagne), et le zombie décharné de la Niña (qui a bien grandis depuis le temps, la mort lui va si bien...) avec un marteau qui ne voit absolument rien et se repère au son. Comme les persos en fait, vu qu'il n'y a que le caméraman qui possède une vision nocturne sur sa caméra.
Sauf que sur une caméra c'est pas une vision nocturne, mais un amplificateur de faisceau lumineux, donc faut bien qu'il y aie un peu de lumière avant, nan ?
Mais passons ! La gentille petite se rapproche des héros qui ne font pas de bruit, enfin qui respirent juste comme des pompes à vélo en faisant tomber les verres de sangria des éclairagistes pendant que la caméra bourdonne, mais la pauvre petite est sourde comme un pot et elle se contente de montrer ses dents à la caméra jusqu'à ce que le micro du cureton (que l'on n'a pas entendu depuis le début du film) se mette à parler tout seul.
Pour finir, après deux minutes très intenses de combat acharné contre le Talkie-Walkie qui hurle, par le faire répérer (nondediou, ça réagit à une vitesse ces bestioles là !). Et en fait elle se contente de secouer le cureton comme un prunier en hurlant à la mort (elle essaye peut-être de lui faire le coup de Mamie Tromblon de C'est arrivé près de chez vous, je sais pas). Mais ce qui est sûr c'est qu'elle se prends finalement une chevrotine à bout portant sous le menton qui fait voler la tête avec un petit jet de sang façon Left 4 dead, tirée par la jeune journaliste en débardeur du premier. Et bien évidemment elle se révèle possédée, frappe le curé, tire sur le caméraman amateur, qui, vraiment très professionnel, nous présente un magnifique cadrage avant de mourir d'une décharge de fusil à pompe renforcé dans la tête.
Puis elle explique gentiment son plan, elle est en fait le diable incarné, elle change de voix à loisir pour ordonner l'évacuation de l'unique survivante, avant de fracasser le crâne du padre contre le plancher.
On termine le film sur une note gaie et appréciable, puisque les réalisateurs nous montrent comment la madame à été contaminée en repassant le plan décolleté du premier, et en présentant le diable comme une limace qui s'introduit dans son hôte par la bouche...

Pour une soirée rigolade entre potes putain j'avoue que c'est terrible, ça manquait juste un peu de bières mais on se rattrapera avec ce désormais inévitable [R3C°] !

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