Orson Welles fout la merde

Avis sur Radio Days

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"Radio Days", le temps de la radio, le temps où la télévision était marginale et où l'Amérique toute entière avait les oreilles tendues vers d'énormes postes radiophoniques qui diffusaient des shows un peu farfelus, des musiques jazzy façon Django Rheinardt, des canulars et des tranches de vie.
Woody Allen utilise le prisme de la radio pour explorer la vie d'une famille durant les 30-40's.
En fait la structure du film peut être déroutante, puisqu'il ne s'agit ni plus ni moins que d'une succession d'anecdotes sur chacun des membres de la famille qui ont toutes un lien plus ou moins direct avec la radio.
Le montage est ultra elliptique, brutal, tout s'enchaîne sans lien apparent, mais le résultat est probant puisque les personnages réussissent à exister et à être attachants.

On reconnait bien évidemment la patte Woody Allen, assez surexcitée où les dialogues, les bons mots, les situations absurdes ne cessent de fuser. C'est imaginatif, un peu foufou, avec en prime une petite touche mélancolique délicieuse.

D'un point de vue strictement technique, le film est sans surprise très classieux, une merveille de bande son, un montage sonore absolument parfait, un choix de musique génial (mais bon le jazz c'est le dada de Woody), une très belle photo avec un magnifique ultime plan, bref c'est au poil.

Le casting n'est pas en reste, les multiples personnages sont savoureux. Une mention spéciale pour le petit garçon qui joue le rôle d'un Woody enfant anachronique et qui est vraiment crédible.
L'acteur n'est autre que Seth Green, qui jouera une dizaine d'années plus tard le rejeton du Dr Denfer dans la saga Austin Powers. Il en a fait du chemin le gamin!

Plein d'autres acteurs tirent leur épingle du jeu, l'inévitable Mia Farrow délicieusement insupportable, puisqu'elle rêve de percer dans la radio, tout en ayant une voix aigue absolument horrible, et chantant affreusement faux!
Elle finira d'ailleurs par réussir à se faire une petite place grâce à un malentendu avec un mafiosi qui était sensé la liquider, mais qui finalement lui servira de piston.
Ensuite, Dianne Wiest, actrice lunaire qui accueillera sous son toit quelques années plus tard le pauvre Edward aux mains d'argent dans le film de Tim Burton, et qui joue ici le rôle d'une célibataire endurcie qui enchaîne les rencards avec des ratés.
Marge Simpsons joue le rôle central de la mère de la famille, oui, Marge Simpsons, Aka Julie Kavner sa voix américaine, et qui est géniale de cynisme dans le rôle de la blasée.

Pour terminer, j'aimerai mentionner le personnage du père qui refuse en permanence d'avouer à son fils quelle est sa profession. Rôle très marrant, puisqu'il s'agit d'un gros pantouflard tel un lebowski des grands soirs qui reste planté à dire deux trois conneries tout en ne foutant rien alors que le reste de la famille s'affaire autour de lui à faire vivre la maison.

Très bon film, ce qui ne l'empêche pas de tomber parfois un peu dans l'anecdotisme et la facilité, mais grâce à son ambiance, son originalité, la difficulté de son sujet (traiter la radio est particulièrement casse gueule, on a pu le constater avec un film sorti à la même époque comme "Talk Radio" d'Oliver Stone), le charme opère.

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