Héritage !

Avis sur Raya et le Dernier Dragon

Avatar Maximemaxf Sôma
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La providence n’est pas clémente avec le monde du divertissement en cette période sanitaire toujours aussi troublé et cadenassé. Afin de garder une activité auprès des familles et d’un public global souvent réduit aux environs de leur maison, les plateformes streaming légales sont devenus une alternative importante en attendant que les salles de cinéma aient enfin le feu vert pour une réouverture.

Si la sortie de Soul reporté à une exclusivité Disney+ (avant une sortie physique) semblait déjà suffisant pour désappointer les fans, nos voisins américains prennent la décision avec Raya et le dernier dragon d’offrir une double accessibilité dans le cadre actuel : une double sortie à la fois au cinéma et sur la plateforme en accès premium sur une période limitée à deux mois (mais pas chez nous avant Avril si on a de la chance et disons le sincèrement un miracle, parce qu’on sait d’ores et déjà pourquoi et que ça emmerde tous ceux qui espèrent le voir au ciné que ça soit pour occuper leurs enfants, pour s’aérer l’esprit, ou encore pour les fans de longue date souhaitant rester fidèle aux postes).

Raya et le dernier dragon marque une collaboration quadruple au sein de Walt Disney Animation Studio, chose qui ne s’était plus produite depuis Basil, détective privé de Ron Clement et John Musker. Alors que jusqu’à présent soit un duo était aux commandes même quand une tête pensante se manifeste plus que l’autre (le duo cité mais aussi Lee et Buck, Trousdale et Wise dans le passé ou encore Byron Howard et Nathan Greno) ou un seul réalisateur comme Rich Moore. Avec Jennifer Lee à la tête de WDAS, c’est avec l’envie d’apporter du neuf au sein de l’équipe qu’elle s’est affiché dernièrement et l’arrivée de nouveau réalisateurs à venir, l’un des premiers étant ici Carlos Lopez Estrada qui s’est déjà fait connaître avec le très apprécié Blindspotting.

Raya prend aussi cette direction. A cela près que le défi de mettre une héroïne voyageuse et en lutte contre un mal à échelle du monde consistera à ne pas fournir une héroïne forte ne se caractérisant que par sa force, comme Hollywood l'a trop souvent fait. Mais aussi d’éviter autant que possible des redites trop évidentes bien que leur inspiration dans le fond puisse venir à l’esprit du spectateur : on pense facilement à Moana, peut-être à Rebelle chez certains (quoique là c’est moins qualitatif) mais aussi et surtout à Mulan avec qui Raya partagera davantage de point commun. Mais est-ce que ça en sera au point d’être une pâle imitation ou bien une héritière spirituelle ?

Disney revendique deux inspirations majeure et/ou parlante du monde du cinéma à partir de son introduction et d’un long prologue de 20 minutes minutieusement construit : Mad Max pour l’univers post-apocalyptique que connaîtra Raya, et Black Panther pour les clans dont les couleurs, la représentation d’une partie du corps d’un dragon et les craintes inspirés par le peuple des crocs du dragon inspirent aux autres.

Mais on peut également regarder brièvement du côté d’Avatar, le dernier maître de l’air avec le face à face entre l’eau représentant Sisu la dernière des dragons et l’élément de la vie et symbole de sauvegarde, et le feu dévastateur qui décrit le fléau qu’est le Druun (et le design de Raya enfin, on va pas s’en cacher). Et enfin, une autre surprise agréable de de côté-là : celle des Short Circuit, des court-métrage court expérimentaux qui voient leur utilité prendre un sens ici en servant le background, la narration par l’image et le fantasme durant des moments hors du réel ou du présent.

C’est d’ailleurs par ce biais que le mythe des dragons et de la dislocation de Kumandra va être conté avec cette animation en papier ressemblant à de la 2D, faisant allusion aux contes asiatiques tel qu’ils peuvent l’être conté via des petites sculptures de papier animé par des bouts de bois ou de ficelles lors de petit spectacle de rue en Asie. Mais si Raya et le dernier dragon montre bel et bien sa volonté de reprendre l’esprit de conte qu’on connait si bien aux films de Walt Disney Animation Studio, son contexte et son cadre restent plus proche du réel et plus actualisé malgré sa fantaisie assumée et c’est dans ce contexte qu’on découvre en notre héroïne.

Raya du royaume du cœur du dragon ne tarde pas, dès ses premières minutes hors prologue, à démontrer sa fragilité et sa culpabilité qui l’ont suivi pendant plus de 6 ans. Par le biais d’une phrase improvisée lors du cast par Kelly Marie Tran qui dévoile là l’étendue de sa sensibilité et même de son humanité à travers cette orpheline ayant perdu sa foi envers le genre humain après une erreur d’enfance aux conséquences cataclysmiques. Cela n’échappe pas une légère redondance sur sa difficulté à confier sa confiance à son prochain à travers les dialogues, mais elle affiche un objectif triple pour Raya : réapprendre à accorder sa confiance à autrui et l’obtenir en retour, réparer les erreurs des générations passées afin d’éviter une extinction inéluctable et poursuivre la volonté de son père, chef Benja, de renouer les liens entre le peuple.

Ce genre de bref moment fait souvent de tout petit rien ou même d’un moment de blanc, Raya et le dernier dragon en est traversé par touche successives et comptant très souvent sur le langage par l’image comme le savent si souvent le faire les films conçus avec le plus d’attention. Et cela pour une raison qui donne pas mal de sel à ce 59ème classique d’animation Disney : c’est que le drame prime nettement plus sur la comédie sans que ce dernier se révèle être de trop. Le meilleur exemple étant l’enchaînement qui suit

entre la traversée silencieuse de la tombe des dragons qui renforce de manière puissante la sincérité de l’antagoniste Namaari, et la traversée nocturne de Raya, Sisu et Boun jusqu’aux griffes du dragon.

De l’un,

on garde en tête les paroles de Namaari à Raya durant le prologue quant à sa fascination pour les dragons considéré comme des gardiens protecteurs (inspiré des Nãga, dragons d’Asie du sud-est apportant l’eau et la vie). Lorsqu’on voit sa troupe avancer à vive allure, Namaari stop la cadence et entame alors une marche lente qui devient une marche funèbre sur le troisième plan de la scène qui dévoile lentement ce qui reste des dragons des temps anciens, tous pétrifiés depuis des siècles après la lutte qui a suivi contre le Druun. S’achevant sur un dernier plan montrant une Namaari exécutant le signe du salut respectueux, montrant en Namaari tout autre chose qu’un obstacle à fuir ou combattre pour Raya.

Celle-ci se révèle plus intéressée par la sauvegarde que son peuple que par le bien commun et embrasse la doctrine de sa mère et reine de Croc du dragon, Virana, promouvant avant tout le bien du clan et sa suprématie.

Là où la scène suivante donne tort à cette idéologie

en montrant ce que Raya, Sisu et Boun ont perdu à cause de ces querelles égocentrique et divisionnaire. Sobre, intime, ouvert et solennel, jusqu’à ces tendre lâcher de fleurs d’anémone sur la surface de l’eau (l’anémone qui, dans le langage des fleurs, signifie “Après la pluie, le beau temps” et est employé pour soulager les peines et chagrins), allant jusqu’à donner un sens au nombre de fleurs lâché par chacun puisque chacun est destiné à un être cher,

un de ces nombreux brefs instants pourtant porteurs d’un sens fort qui construit les liens et l’alchimie au sein d’un groupe.

Les mots et leur sens passe tant par les images que par la musique, surtout que sur cet aspect Raya et le dernier dragon marque le retour en grâce de James Newton Howard 19 après avoir signé la splendide bande-originale de La Planète au Trésor. Le compositeur affiche une forme olympique ces derniers temps entre Une vie Cachée, les deux opus des Animaux Fantastiques ainsi que Casse-noisette et les 4 royaumes, son retour en animation lui permet de se lâcher plus ostensiblement pour un résultat aussi explosif et émotionnellement fort que terriblement varié. En plus des sonorités indonésiennes et des chœurs asiatiques, c’est surtout la présence de l’électro qui surprend mais réussit néanmoins à donner un cocktail ultra-détonnant sur le plan instrumental.

Outre la perte commune de chacun des membres de la team Raya (Tong isolé au sein de son village à Dos de Dragon, Noï et ses ongis réduit à pickpocketer pour survivre avec la disparition des parents, Boun devenu cuistot sur les eaux et autant orphelin que Raya ou Noï et Sisu), le cas du dragon Sisu semble soulever des premiers débats parmi les premiers spectateurs. Soient critiquée pour son apport en termes d’humour au milieu du drame humain comme si elle parasitait l’essentiel, ou appréciée par d’autres pour le propos qu’elle soulève.

Je me classe très largement dans la seconde catégorie : déjà parce que quasiment toutes ses tentatives de blague ne sont pas si nombreuses que ça mais elles fonctionnent surtout terriblement bien (sauf celle sur les scarabées à pet explosif... même chez les meilleurs une erreur de bon goût peut se montrer). Mais en plus parce qu’elle met à mal un mauvais procédé devenu cliché au fil des productions télé comme cinéma : celle de la légende déconstruite que ça soit sous le prisme de la comédie et de la moquerie ou non.

Carlos Lopez Estrada, Don Hahn, Paul Briggs et John Lipa font le choix de la mettre au même niveau que n’importe quel autre membre de l’équipe : ça n’est ni une élue ni un être à part, mais quelqu’un dont les événements et leurs tournures l’ont poussé à prendre de l’importance et à jouer un rôle dans l’histoire. Et qui tire sa confiance de celle de ses confrères disparus, au point que là encore on finit par avoir un petit sentiment de redite au niveau textuel, mais c’est ce qui lui permet de compléter à merveille le duo (trio ?) féminin avec Raya et son expérience inversé avec celle de la dragonne (et Namaari vouant un respect divin envers les Nãpa).

C’est aussi une bonne vivante source des meilleurs passages humoristiques du film (son plan en mode “Meilleure amie pour la vie”, à s’écrouler par terre tant elle déteint avec le ton et le visuel vis-à-vis du plan d’infiltration de Crocs du dragon) et apporte une contrebalance légère et adéquat avec la gravité des faits, en plus de pouvoir profiter de l’énergie folle de la rappeuse sino-américaine Awkwafina et d’une alchimie naturelle avec Tran lors de leurs conversations dans la peau du duo.

Et enfin plus que tout, un détail qui me travaille depuis 2013 et La Reine des Neiges de Jennifer Lee et Chris Buck, et qui mérite qu’on s’y penche pour comprendre tout l’intérêt d’un classique d’animation Disney comme Raya et le dernier dragon : c’est à quel point l’antagonisme des héros est de plus en plus incarné par eux-mêmes ou l‘héritage qu’ils ont conservé de la génération précédente, surtout avec les films de la génération 2010 (si on exclut Raiponce et Les Mondes de Ralph premier du nom).

Dans les années 90, chaque héros devait systématiquement faire face à un homologue incarnant l’antithèse des valeurs du héros : Quasimodo contre Frollo dans Le Bossu de Notre-Dame pour ne citer qu’eux et leur vision complètement opposée sur l’espèce humaine, Mulan et Shan-Yu pour l’envahie contre l’envahisseur avec le sens du devoir en premier plan, ou encore Aladdin et Jafar qui partagent chacun un profond orgueil en dépit des motivations qui diffèrent chez chacun (si on occulte leur envie commune d’accéder à un rang social supérieur à celui que chacun dispose).

Mais depuis les années 2010, ce sont surtout et souvent contre eux-mêmes et leurs préjugés que les héros doivent se démener : Elsa et son manque d’assurance et de foi cristallisé par sa magie incontrôlable, Hiro et sa quête de vérité sur la mort de son frère Tadashi le menant vers la vengeance et une trahison des valeurs de son frère par l’armement d’un Baymax pensé pour soigner et aider les gens à l’origine, Judy Hopps qui devient malgré elle porteuse de préjugés et d’idées fausses en voulant être reconnu par le système, dans tous ces cas ce ne sont pas tant des individus comme Yokai ou un antagoniste caché que leurs propres démons et un système ou un héritage qu’ils combattent ou doivent changer.

On est dans cet état d’esprit ici et dans ce qui fait sa grande force et la richesse de ses principaux éléments : Raya et Namaari, toute deux ayant reçu une éducation différente vis à vis de l’histoire de Kumandra et sa division

(Benja, père de Raya, vouant le pacifisme et l’union des peuples et Virana, cheffe de Croc du dragon, donnant en héritage à sa fille la pérennité du clan avant tout mais sans pour autant avoir une vision blanche ou noire d’un côté ou de l’autre. Le fait que Benja soit gardien de la pierre ne trahirait-il pas autre chose qu'il se refuse d'admettre ou une pensée qu'il a pu avoir auparavant sur l'union ou la division des peuples ?)

, et liées principalement par le bien de leurs proches et le respect qu’elles portent envers les dragons.

L’héritage est un sujet tout aussi important que le besoin de croire en son prochain dans une situation qui l’exige, et quoi de mieux pour mettre définitivement Namaari et Raya sur un pied d’égalité :

en les rendant toute deux coupable de la “mort” de Sisu dans l’une des scènes charnières du film. L’une pour être restée trop accrochée aux idées de sa mère et son hésitation, et l’autre pour avoir repoussé une énième fois les principes de son Ba et de Sisu en voulant s’interposer, déclenchant malgré elle le tir et l’extinction des dragons (pendant un temps) et possiblement de l’espèce humaine.

C’est ce qui fait de Raya une princesse et guerrière si identifiable à mes yeux, au-delà de son statut de combattante aguerrie et de voyageuse consciencieuse, ce qui lui fait défaut joue un rôle prépondérant tout du long : de la confiance qu’elle noue inconsciemment avec Boun, Noï, Tong et les ongis, jusqu’à un ultime face à face en combat dantesque et furieux (teasé par la campagne marketing)

contre celle en qui elle devra tôt ou tard faire le deuil de sa trahison, et pour qui ont s’éprend également d’empathie lors des moments clés, sans trop en dire.

D’ailleurs, en évoquant les combats, c’est peut-être jusqu’à maintenant le Disney le plus immersif sur ce plan en comparaison des précédents : s'il est inutile de vanter le travail des animateurs une fois de plus (sérieux, sur certains plans, cette eau semble provenir directement de notre monde) et qu’il y a des détails à redécouvrir en revoyant ce film (les pontons du marché de Griffe du dragon qui forment les griffes en question), les combats sont ici nettement plus nerveux et physique et bénéficie d’une mise en image et d’un découpage avec plus d’expertise et d’envie de créer un spectacle non complaisant mais servant les enjeux de cet univers (travelling rotatif lors de la contre-attaque de Benja, plan de plus en plus proche de Raya et Namaari lors de leur premier vrai combat mortel, sans oublier le palais de Fang qui fait écho la fureur des deux guerrières durant le climax et un découpage qui évite la surdose et de briser les effets de mouvement de la caméra).

Malgré tout, on peut continuer à sérieusement rechigner sur la stagnation de la durée des films d’animation de WDAS : à toujours rester focalisé sur 90/95 minutes en continuant de sous-entendre que l’attention du jeune public se perdra au-delà de la durée, ça limite la possibilité de raconter de manière plus enrichie leurs histoires et cela plusieurs films ont déjà subi ce revers de bâton malgré leurs indéniables qualités. Sans parler de la condescendance banalisée et limite inconsciente de croire qu’on ne peut pas attirer l’attention du jeune public plus longtemps, ou qu’on est en manque de confiance en soi pour le faire. On n’est pas au niveau de frustration de ce que l’expérience La Reine des Neiges 2 pouvait provoquer et encore loin d’un univers souffrant de ses réécritures et de diverses inconsistances comme Atlantide l’empire perdu, mais Kumandra méritait qu’on lui accorde au moins 10/15 minutes en plus au vu de ce qu’il a à proposer.

Rien que voire comment s'en tirent des survivants potentiels en dehors des rôles principaux ou secondaires, par exemple. Ou pour donner de la dimension au groupe de Raya en tant qu’individu : si les petits rien font bien ressentir une cohésion de groupe et une solidarité naturelle, que sait-on de plus sur Boun, Tong ou Noï en dehors de leur peine commune ? Et bien pas tant de chose que ça au final, et ce n’est pas un souci aussi mineur qui s’efface avec une grande leçon de vie qui semble simple dans la forme comme dans Soul de Pete Docter chez Pixar, c’est un condensé par lequel l’équipe chargé du film a choisi de faire un focus sur l’union de groupe plutôt que l’individu en dehors des principales figures féminines. D’habitude ça ne devrait pas tant préoccuper puisque souvent les rôles secondaires sont souvent des comiques de service ou des seconds couteaux (La Princesse et la Grenouille l’avait compris malgré son écriture un brin bordélique) mais dans un contexte plus sérieux, je trouve que ça pèse et ça n’est pas le premier des derniers classiques d’animation Disney à pencher de ce côté de la balance pour le traitement d’un groupe de personnage.

La Reine des Neiges 2 avait aussi ce souci en se centrant sur Anna et Elsa et en délaissant les nouveaux rôles, l’idée étant de se concentrer sur des figures charismatiques auxquels les fans s’étaient accrochés pour explorer d’autres problèmes sociaux les concernant. Et Vaiana, la légende du bout du monde souffrait aussi un peu de cela mais avait des exceptions qui évitait cela (comme Tamatoa le crabe cupide ou la grand-mère de Vaiana/Moana).

Néanmoins, lorsque Raya se concentre sur le groupe en lui-même, ça marche foutrement bien par ces petits rien et grâce aux trois têtes pensantes féminines du film. Et même un simple repas partagé autour d’une table entre membres d’une équipe hétéroclite, ou chacun trouve et partage la compagnie des autres en se disant silencieusement qu’il y aura un lendemain meilleur, en laissant de côté le monde en perdition pour parler de tout et de rien, réussit à devenir un de ces beaux moments parsemant le voyage de ces gens devenus représentant malgré eux de leur patrie et unique espoir d’un monde en voie de disparition.

Je ne me fatiguerais pas à dire qu’on a une énième réussite de Walt Disney Animation Studio, ça semble déjà évident avec tout ce que j’ai dit au sujet de Raya et le dernier dragon. Juste qu’en tant que fan d’animation, je continue de trouver ce que je recherche auprès d’un studio d’animation souvent exagérément décrié et mis dans le même panier que le reste de la compagnie (souvent à tort et avec un cynisme malvenu), mais qui s’adapte à son époque et continue de léguer le flambeau à une génération voulant toujours conter de belles histoires tout en y parvenant avec réussite. Et je ne pense pas que ça sera le duo Jared Bush/Byron Howard qui vont vouloir me contredire, les créateurs de l’excellent Zootopie préparant leur retour au conte de fée musical avec Encanto en fin d’année.

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