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Rebecca par Queenie

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Une jeune demoiselle de compagnie, orpheline, jolie, innocente, rencontre Maxim de Winter, richissime veuf, mystérieux, beau, fin quoiqu'un peu agressif et rude parfois.
Lorsqu'elle le rencontre, elle pense qu'il est sur le point de sauter d'une falaise. Ensuite elle apprend la terrible mort de sa femme (noyade), sa solitude... etc... Bref, la jeune fille est attendrie par cet homme séduisant et triste.
Et lui... visiblement, il aime la fraîcheur, la gaieté et la sincérité un peu juvénile de cette femme.
Un nouveau départ ?
En tout cas, ils se marient précipitamment. Et reviennent vivre à Manderley, le grand manoir familial de De Winter.

Et là, c'est le conte de fée prend fin petit à petit.
Une servante, Madame Danvers, dure, froide, rigide, qui vouait un culte à son ancienne maîtresse et méprise complètement la nouvelle. Jusqu'à lui tendre des pièges pour qu'elle se retrouve en mauvaise position.
Partout, la présence de la morte se fait sentir : ses initiales sont partout, sur les serviettes, les mouchoirs, les papiers à lettre, les draps... La nouvelle Mde De Winter est oppressée, cherche à s'échapper de cette ombre mais se sent perdue dans cette grande maison, un peu délaissée par un mari qui a des sautes d'humeur incompréhensibles et étouffée par le fantôme de Rebecca.

Et le film dénoue ses fils petit à petit, malmenant de plus en plus la jeune femme (qui n'a d'ailleurs pas de prénom... Complètement absorbée dans cette vie et par ses fantômes), on se demande si elle ne va pas devenir folle.
On sent qu'il y a un mystère aussi qui est bien plus que de la tristesse chez le veuf.
Et des êtres d'une cruauté étrange chez Danvers et un cousin de Rebecca.

Bref... les secrets vont se dévoiler, la jeune femme va découvrir l'horreur, et Hitchcock mène le suspens à la perfection. Tout le long du film, le spectateur peut construire plusieurs scénarios, s'imaginer qui est qui et qui a fait quoi, sans jamais parvenir à avoir la réponse.

La maison est impressionnante, immense, des pièces magnifiques. L'extérieur très gothique dans les premiers plans met d'emblée le ton sur le poids des morts. Puis l'intérieur, avec tout ce soin dans la décoration, cette finesse face à laquelle la nouvelle maitresse de maison ne peut que se sentir minuscule, absolument pas à la hauteur, perdue. Et harcelée par le fantôme de Rebecca.

Et les acteurs sont vraiment parfaits. Joan Harrison (nouvelle Madame De Winter) est vraiment très jolie, avec un visage très expressif, pouvant passer des larmes au rire en peu de temps. Avec toujours cette timidité dans tout le corps., qui se transforme en peur.

Laurence Olivier est très classe, même si j'ai trouvé qu'il avait un peu de mal à jouer les durs méchants et agressifs.

Judith Anderson, qui joue la gouvernante Danvers, est flippante. Regard dur. Visage fermé, tiré. Elle ne laisse rien passer. On sent la haine et le mépris dans chacun de ses mots.

Un très bon suspens qui commençait comme une bleuette, se laisser virer dans le fantastique et le thriller, pour se finir en policier. Formidablement bien mené.

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