Le Patient anglais 2 : Retour à Cold Mountain

Avis sur Retour à Cold Mountain

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Avec le temps, on en vient souvent à réévaluer ses avis sur les films vus, et parfois appréciés. C'est le cas du Patient anglais, qui m'avait particulièrement ému à sa sortie. Certes, un film avec Juliette Binoche ne ressemble à nul autre. Mais c'est peut-être aussi grâce à une certaine Véronique assise à mes côtés que ce film m'avait laissé un tel souvenir. Pour être objectif sur Anthony Minghella, j'ai donc décidé d'affronter seul son dernier film à oscars (huit nominations), le bien nommé Retour à Cold Mountain. Grave erreur, on s'ennuie toujours moins à deux.
Retour à Cold Mountain (le titre original est Cold Mountain mais il fallait bien insister sur le principe du retour pour nous Français, au cas où...), conte donc l'histoire d'une jeune vierge, Nicole Kidman, qui tombe amoureuse d'un jeune idiot, Jude Law. Cette allumeuse fille de pasteur n'a pas le temps de découvrir les joies charnelles que son amoureux est enrôlé pour soutenir la noble cause sudiste face à ces dangereux gauchistes de Nordistes. Nous sommes en 1861, aux États-Unis, et la guerre déchire ce si beau pays.
Pendant deux heures trente, nous avons donc la chance de voir Jude Law ronger son frein sur les routes de Caroline du Nord, dans le seul espoir d'enfin conclure avec Nicole, qui l'attend sagement, œil brillant et mèche impeccable. La pauvrette doit cultiver seule sa ferme, et ça n'est pas facile avec des ongles manucurés et du vernis. Heureusement, une Texane à l'accent chewing-gum, Bridget Jones, enfin René Zellweger, vient à son secours.

Avec des Nazis, c'est mieux

Toutes les deux, elles passent leur temps à lire des livres, faire la fête, et accessoirement travailler aux champs. Bien sûr, il y a des méchants partout, la guerre c'est pas beau, et Jude Law souffre le martyr pour accomplir sa petite mort.
Pour résumer rapidement, cela ressemble beaucoup à un Patient anglais 80 ans avant. Lee et Grant y ont remplacé Montgomery et Rommel, les uniformes sont différents, les causes défendues aussi. Le Sahara est maintenant la Caroline du Nord - c'est plus vert. Mais toujours un patient, toujours une infirmière, toujours un monde en pleine implosion.
Dans Le Patient anglais, Anthony Minghella parvenait à nous rappeler les meilleurs moments des grandes fresques romantiques hollywoodiennes. Dans Cold Mountain, tout est beau, parfait, propre et sans scories. Jude Law et Nicole Kidman forment un anti-couple tant le désir qui les porte semble artificielle. Et Anthony Minghella, comme pour se faire pardonner, offre à vérifier si Nicole Kidman est vraiment blonde dans la scène finale, paroxystique échappatoire. Car même quand les deux amoureux sont enfin unis, dans un instant que le réalisateur a voulu exutoire, il s'arrange pour le rendre aseptisé comme un film à oscars.
Ah mince, j'ai rien compris, il s'agit justement d'une moissonneuse-batteuse à statuettes. Dans ce cas, chapeau bas, tout y est très réussi. Meilleure musique, meilleure actrice, meilleure actrice dans un second rôle. Et meilleur réalisateur. Oui, Cold Mountain c'est très bien, tant qu'on n'y retourne pas.

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