On vous repasse le même film, mais en différent

Avis sur Retour vers le futur 2

Avatar Voracinéphile
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C’est reparti pour un tour ! Après le manque de plutonium, c’est au tour du paradoxe temporel de venir poser problème à nos héros respectifs. Paradoxe qui se remarque déjà dans l’introduction puisque l’actrice qui incarnait la petite amie de Marty se voit remplacée par une autre (ce qui me fait dire qu’elle a profité de la perte de repère de Marty suite au changement de ses parents pour assassiner la précédente Jennifer et se faire passer pour elle). Commence alors le fantastique voyage vers le futur… et vers les problèmes. Car ce second opus est bel et bien l’épisode faible de la saga, alors qu’il revient régulièrement comme étant le meilleur avec le premier. A l’image d’un Indiana Jones 2, mais si ce dernier avait le charme nanar de la générosité, ce nouvel opus se livre à un jeu de remplissage habilement dissimulé par ses partis pris. On commence donc avec sa vision d’un futur bancal mais marrant (le moche effet holographique, l’horloge toujours en panne, le cliché du futur coloré type « chantons sous la pluie »), et la mission imposée par Doc pour changer l’avenir de Marty, et plutôt de son fils. A lieu alors un quart d’heure complètement naze, où on nous ressort la séquence de skate du premier à grand renfort de over-board dont le concept marrant sert à camoufler la redite. Néanmoins, le film continue de soigner ses détails pour ne pas faire d’incohérences (aucune d’ailleurs, rajouter Zemeckis à la liste des réalisateurs consciencieux), et embraye assez vite sur son concept de paradoxe temporel, dont la limpidité des explications parvient à convaincre. Nous en chaînons sur un 1985 nanar qu’on ne s’attendait pas vraiment à voir, et à des visions d’horreur (la mère défigurée par la chirurgie et mariée à Tanen) qui font beaucoup dans l’attrait de ce second opus. Puis vient alors le gros morceau de l’épisode, sur lequel j’exprime mes doutes. Tout le parti pris du film consiste alors à reconstituer les éléments du premier film tout en développant une intrigue secondaire parallèle qui ne doit pas interférer. Et question respect, le travail a été vraiment fait aux petits oignons, restituant tous les temps forts tout en s’amusant à rapprocher dangereusement ses deux intrigues parallèles. Virtuosité ? J’en doute un peu pour ma part, le concept permettant surtout de ne pas trop se fouler à créer du suspense tout en faisant croire au spectateur qu’il est intelligent parce qu’il voit des détails soulignés en gras devant lui. Un peu fort, quand même. Certes, l’idée de faire s’entrechoquer deux boucles temporelles était stimulante et il fallait l’exploiter, mais pas dans des proportions aussi évidentes et étalées… La séquence ou Doc de 1985 parle à sa version 1955… Comment la voir autrement que comme une séquence de remplissage vaguement paradoxale ? Si l’épisode du concert parvient effectivement à bien jouer sur le suspense du choc des boucles (c’en est le climax), le dénouement mou (piteuse tentative de récupération de l’almanach) peine à hisser ce film au dessus du stade « épisode-transition », qui sert surtout de passage obligé vers la conclusion-revival de l’esprit Retour vers le futur.

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