Film culte intemporel maîtrisé par Howard Hawks. Avec John Wayne, Dean Martin. Western de légende !

Avis sur Rio Bravo

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Tout juste après les cavalcades de l’agent 007 sur mon écran (« Goldfinger », « Les diamants sont éternels », « Jamais plus jamais », « Permis de tuer » et le dernier mais néanmoins classieux « Spectre »), voici le western qui s’invite à mes côtés pour la fin de l’été. Mon programme, si j’arrive à le tenir : « Rio Bravo », « La ruée vers l’Ouest » (d’Anthony Mann), « La horde sauvage », « Il était une fois la révolution » (critique déjà mise en ligne), « La porte du paradis » (en hommage au metteur en scène décédé), « Impitoyable » (déjà critiqué), « Wyatt Earp » (de Lawrence Kasdan), « Open range » (critique également réalisée), « Les disparues » (de Ron Howard), « Appaloosa » (avec Ed Harris), « True grit » (le remake des frères Coen) et « Django unchained » (oui, de Tarantino). Je sais, oui, je m’emballe, certains me diront que je ne pourrai pas tout regarder, mais qu’importe, car le plaisir, lui, sera total. Pour ouvrir le bal, voici « Rio Bravo » que je viens de mater. Oui, vous ne vous êtes pas trompés, vous avez bien lu. Mater. Car comment critiquer ce western de légende ? Tout ce qui passe par Howard Hawks s’illumine. Ici, tout est parfait, rien n’a vieilli. L’alchimie entre l’équipe technique du tournage et les acteurs devant la caméra est convaincante à souhait. Et puis citer de tels noms après avoir nommé le film, il n’y a rien de meilleur que de se donner du baume au cœur. Hawks, pour qui c’est sa troisième incursion dans le genre (« La rivière rouge », « La captive aux yeux clairs »), se donne la peine de rester à hauteur d’homme, hormis des micro-scènes explicatives, afin de mieux centrer son intrigue sur les personnages qu’il fait évoluer. Du classicisme à perte de vue qui trouve ici son paroxysme le plus phénoménal. Rien que pour ça, il s’agit d’un film d’anthologie. C’est magique, non ? Alors, bien sûr le scénario de « Rio Bravo » ne casse pas trois pattes à un canard mais reste bétonné jusqu’au final : merci Barbara H. McCampbell (fille d’Howard) d’avoir convié Leigh Brackett (« Le grand sommeil » et « Le privé » d’Altman font notamment partie du peu de ses participations au cinéma !) et Jules Furthman (s’agissant ici de ses dernières heures de travail, il avait brillé pour « Les révoltés du Bounty » avec Gable, « Le port de l’angoisse »…) !! « Rio Bravo », c’est l’histoire d’un shérif qui arrête le frère de l’homme le plus puissant de la région. Seul (quasiment) contre une bande de tueurs, il s’apprête à vivre trois pénibles jours… . Avant de parler acteurs, expliquons ce qui tourne autour d’eux. La musique. Par petites touches, jamais omniprésente, toujours par scintillement, elle nous incite à veiller sur nos joyeux compères. A la barre, le merveilleux Dimitri Tiomkin ! Par jaillissement provocant, il nous invite à une ballade mortifère, le « Deguello ». Au gré de ces humeurs changeantes, Tiomkin prouve qu’il n’a pas son pareil pour nous faire vibrer. Primé aux Golden Globes pour « Le train sifflera trois fois » et « Alamo », il a également officié pour « Vous ne l’emporterez pas avec vous », « La vie est belle », « Géant », … . Un très grand compositeur, à classer parmi les meilleurs, donc. Également autour des acteurs, des couleurs radieuses, chaudes et éclatantes de sueur. Merci Russell Harlan ! Le directeur de la photo de « Graine de violence » (avec Glenn Ford), c’est lui. Dernier point de confinement des acteurs : l’espace, les décors. En ce sens, les personnages évoluent comme dans un huis-clos. Ici, le réalisateur de « Scarface » fait abstraction des paysages chers à John Ford pour se concentrer sur l’unité de lieu, d’espace et de temps. « Rio Bravo », c’est une prison, une rue, un saloon, un hôtel. Rien de plus ! Radicalement, Howard Hawks nous presse et c’est le cœur serré que l’on débouche sur un final grandiose puisque l’on évacue notre trop plein d’énergie à écouter la dernière fusillade. Boum ! Parlons un peu des personnages maintenant. Et plus particulièrement des gentils. Car il n’y en a aucun de vraiment marquant dans les méchants. Bon point Hawks !, car cela nous permet de nous sentir en pleine confiance. Alors, dans le rôle du shérif, c’est bien sûr John Wayne. Quel charisme et quelle prestance face à la caméra ! On dirait que le rôle a été fait pour lui. Extra !! A ses côtés, son compagnon Stumpy apporte tout l’humour du film. En gardien de prison estropié et bourru, Walter Brennan (« Furie » de Lang, « La poursuite infernale ») livre une prestation de haut vol, culte à mes yeux. L’associé du shérif, Dean Martin (membre du Rat-Pack, également « Inconnu à Las Vegas »), est excellent en saoûlard de service. Un jeu tout en retenue qui lui a apporté le succès public. Super ! Dans les seconds rôles, on remarquera la cool attitude du très bon Ricky Nelson (lui aussi chanteur, mais seulement 19 ans sur le tournage !!) et la très belle Angie Dickinson (revue dans « Le point de non-retour » de Boorman, « Pulsions »). Avec aussi deux habitués du western : Ward Bond (« La piste de Santa Fe », « Le massacre de Fort Apache », « La prisonnière du désert » parmi tant d’autres) et Harry Carey Jr (fils d’Harry Carey Sr, ce dernier étant un ami de longue date de Ford) qui verra sa séquence coupée au montage. Et rien que pour toutes ces raisons (scénario, ambiance et profilage du casting), je considère aujourd’hui ce métrage comme étant un classique du western. Pour terminer, « Rio Bravo » (1959), qui n’a pas pris une ride depuis 57 ans !!, confirme la maîtrise d’Howard Hawks en terme de mise en scène de western (pour seulement sa quatrième incursion dans le genre !). Film culte intemporel, à avoir au moins vu une fois dans sa vie. Obligé ! A noter : Hawks filmera par la suite « El Dorado » puis « Rio Lobo » (sa dernière réalisation), deux variantes du métrage que je viens de critiquer. Pour les besoins de « Assaut », Carpenter avouera s’influencer de ce western. Spectateurs, si vous voulez dessaouler, débarrassez-vous de Dean Martin, prenez « Une bible et un fusil », et… John Wayne !

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