Chant du cygne d'un géant...

Avis sur Rio Lobo

Avatar Docteur_Jivago
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Alors qu'il est chargé de réceptionner un fonds important via un train, le colonel nordiste Cord McNally ne verra jamais cet argent qui a été intercepté par une troupe de Sudistes durant le trajet. Une fois la guerre fini, il va se mettre à chercher les traîtres qui ont vendu les informations...

C'est en 1970 que sort "Rio Lobo", dernier film d'Howard Hawks et ultime volet de sa trilogie commencée avec "Rio Bravo" et continuée avec "El Dorado", qui décédera sept ans plus tard. Hawks s'attarde d'abord sur le vol de l'argent puis le rapport entre John Wayne et la façon dont il veut retrouver les traîtres. À ce titre-là, la première partie est vraiment une réussite, où Hawks rend ses personnages intéressants, dominé par la présence d'un John Wayne vieillissant mais jouant bien avec ce côté-là. C'est plutôt calme, Hawks prend son temps de bien dépeindre ce personnage et les enjeux et c'est alors vraiment plaisant à suivre.

Néanmoins, plus on avance dans le récit, moins ça va, notamment à partir du moment où ils arrivent dans la dernière ville. L'ensemble manque alors de tensions et d'intérêt, tombant dans un scénario un peu trop répétitif qui peine à vraiment explorer les relations entre les personnages et les rancœurs des uns et des autres. Si l'humour est parfois réussi (notamment lorsqu'on dit à John Wayne qu'il est un bien mauvais acteur !), il est par moments trop insignifiant et n'apportant pas grand-chose au récit.

Mais dans cette Amérique où la marquante guerre de sécession aura déboussolé quelques âmes, les femmes ont un rôle important et ça Hawks l'exploite bien, comme il l'a déjà fait dans plusieurs de ses précédents films où le rapport homme-femme est traité avec subtilité et intelligence. Loin de se laisser faire par des hommes parfois odieux, elles apportant leur contribution au récit et notamment celle incarnée par la belle Jennifer O'Neil, à qui Hawks arrive à donner de la consistance et de l'intérêt, tout comme pour Jack Elam.

Chant du cygne pour l'immense Howard Hawks qui clôt en 1970 une carrière de metteur en scène commencée en 1926 où il aura brassé multiples genres avec brio, génie et intelligence et poser son empreinte dans l'histoire du cinéma.

Howard Hawks : http://www.senscritique.com/liste/Howard_Hawks_Le_cameleon/448062

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