Un aller simple pour la sauvagerie

Avis sur Rivière sans retour

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Rivière sans Retour s’affirme telle une prison pour ses personnages, tous enfermés dans des pulsions et des désirs (d’amour, de vengeance) qu’ils ne parviennent à dépasser, à laisser de côté ; le choix du format Cinémascope traduit à l’image cette détention individuelle, la caméra peinant à inscrire dans son cadre le corps entier des acteurs écrasés sous la magnificence du décor naturel, coupés comme si on leur retranchait une partie de leur humanité pour ne sonder que leur intériorité sauvage. En ce sens, le long métrage d’Otto Preminger fait communier deux sauvageries : celle de l’environnement montagneux et des Indiens qui le peuplent, celle des civilisés qui cachent derrière des costumes aguicheurs un état primitif, violent, cruel. La chanson répétée à plusieurs reprises insiste sur ce point : pas de retour possible, un aller simple vers les rapides, la descente en soi.

Preminger signe un western brutal et aride qui est initiation à la violence, apprentissage des dures lois de l’existence puis application desdites lois (le coup de feu tiré par le petit Mark) comme l’entretien malgré soi de ce feu de violence primitive qui consume les rêves et les espoirs de changement.

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