La maman et/ou la putain

Avis sur Rivière sans retour

Avatar gallu
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Grosse déception. Avec Preminger aux manettes et Mitchum en rôle principal, je m'attendais à quelque chose d'au moins correct. Il s'agit au final d'un film d'aventure très banal et bien ancré dans les facilités et faiblesses de son époque. Pour commencer, les effets spéciaux sont très mauvais et vieillis, ils ne font jamais illusion, ce qui est très embêtant étant donné leur place centrale dans ce film où une "famille recomposée" doit traverser sur une embarcation de fortune une très dangereuse rivière. Cette famille recomposée, c'est un père parfait (Mitchum), l'archétype du good bad guy cher au cinéma américain de ces années là, le dur à cuir monoexpressif au sens infini de la justice, et son fils, un adorable petit blondinet. La mère de substitution est incarnée par Marilyn Monroe, une chanteuse de cabaret qui minaude tout le long du film (on n'attendait pas moins d'elle).

Le plus affligeant, c'est bien elle ; passons sur son jeu inexistant, le plus important n'est pas là : Marilyn Monroe, dans ce film comme dans d'autres, n'est pas un être humain, c'est une "femme", une femme-objet comme certains les aiment : bien roulée, aguicheuse, suffisamment provocante pour justifier un viol. Parce que quand Mitchum viole Monroe, elle dit non, elle se débat, mais ne vous y trompez pas, au plus profond d'elle même, elle en crève d'envie cette.... Je m'égare. N'en reste pas moins que dans ce film, Mitchum n'aurait pas pu mieux séduire notre bimbo qu'en la violentant ; le sexe faible en est tout pacifié, elle en devient affectueuse et fidèle. Way to go, Mitch ! Give that bitch a... Ahem... Reprenons. Le final est à la hauteur de la posture phallocentrique du film : Marilyn pourrait finir en ange bleu, en indépendante de la dentelle dans un saloon de l'ouest... Que nenni ! Le gorille se pointe, reprend son bout de viande et s'échappe avec la barbaque par dessus l'épaule jusque dans sa caverne...

Passons sur le couplet féministe, on ne regarde pas un western pour contempler le progressisme en marche, après tout. Dans ce film mettant en scène des archétypes, il n'y a pas de place pour le suspens, puisque tout est deviné d'avance, scène par scène, et dès l'introduction... Que dis-je? Dès le titre ! La rivière sans retour ? Bien sûr qu'ils en reviendront. C'est Robert Mitchum, hein ! Nos gentils héros enchainent donc les péripéties, harcelés par de méchants agresseurs indiens, muets et bariolés, et par quelques rednecks. Les dialogues sont pétris de bon sentiment, et ne présentent aucun intérêt. Les quelques passages ambigus sont plombés par une musique mélodramatique lourde qui force les scènes aux bons sentiments.

Mention spéciale au final dans les rapides, qui dissimule mal ses velléités érotiques - Oups ! on vient de m'arracher ma chemise ! Et je suis déjà toute trempée !.

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