Rocco, son phallus et ses copines

Avis sur Rocco

Avatar Alexandre Coudray
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Rocco Siffredi est une légende du porno, un étalon, un monstre consumé par le désir et dont la réputation n'est plus à faire. Quand elles vont tourner une scène avec lui, les actrices prévoient des jours de repos après. Pas étonnant que le sulfureux acteur qui a récemment décidé de se retirer du milieu fasse enfin l'objet d'un documentaire. Thierry Demaizière et Alban Teurlai ont donc suivi l'acteur pendant un moment alors qu'il tourne des films, passe un peu de temps avec sa famille et envisage donc d'arrêter le métier. C'est l'occasion de découvrir les coulisses d'un monde sans aucun fards, dépouillé de tout fantasme : on n'y fait pas l'amour, on y baise. Les hommes rencontrent les actrices pour les tripoter juste après et il n'y a pas une seule actrice qui ne soit pas prête à tout pour une scène avec Rocco, quitte à pratiquer la sodomie pour la première fois ou à se faire enfiler la main de l'acteur dans la bouche jusqu'à l'étouffement. "Rocco" a beau éviter de trop montrer des pénis en érection et les pénétrations de manière frontale, il n'en montre pas moins un monde qui met à l'aise de par sa crudité et par ses façons de faire. Mais Rocco connaît bien son travail, il n'est pas là pour raconter des histoires comme l'envisage parfois son cousin (le personnage le plus drôle du film, avec des ambitions un peu folles, un caractère difficile et une maladresse parfois hilarante) mais pour faire son boulot, quitte à coucher avec des femmes qui ont l'âge de son fils.

Outre ces coulisses qui nous sont dévoilés, nous montrant combien ce milieu est particulier sans pour autant porter de jugement dessus, le film est bien sûr l'occasion d'en saisir un peu plus sur l'étalon qu'est Rocco Siffredi. Les réalisateurs le filment sous toutes les coutures, le montrant muscles saillants et transpiration collante, parvenant à lui arracher quelques confessions. On y découvre un homme consumé par une envie dévorante de sexe qui "l'empêche de jouir d'une vie normale", qui a choisi son parcours autant par besoin viscéral que par passion et qui, à la lumière de quelques confessions émouvantes, est encore hanté par le souvenir de sa mère avec qui il a toujours entretenu une relation particulière. Si le film passionne et effraye en même temps par l'aperçu qu'il nous donne et par son ambition de raconter que les raisons de notre propre jouissance nous sont inconnues (en cela, le témoignage d'une actrice révélant qu'elle jouit de se faire fouetter sans pour autant savoir pourquoi est éclairant), on pourrait lui reprocher (et sans mauvais jeu de mots) un certain manque de profondeur. En effet si l'on en sait plus sur la façon de faire du porno et sur les tournages d'une scène avec Rocco (sur cela, on est largement gâtés), le film ne parvient finalement pas à saisir le personnage dont on sent toute la complexité sans jamais pouvoir l'approcher. Reste un beau portrait d'un homme et de son désir qui aurait certainement intéressé Freud...

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