Le doute l'habite.

Avis sur Rocco

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Inutile de présenter Rocco Siffredi, l'homme aux 1632 (à peu près) films pornographiques, et qui a honoré quelque chose comme 12475 femmes, dans toutes les perversions possibles et imaginables.
A l'heure où il a pris sa retraite dans ce genre, deux documentaristes français l'ont filmé durant plusieurs mois, et ce qui aurait pu ressembler au départ à quelque chose d'introspectif sur le milieu de X ressemble en fin de compte à un confessionnal de Rocco.
A travers sa voix off, celui-ci nous raconte l'origine de son métier de hardeur, survenue dès l'âge de 8 ans où il a découvert la masturbation, et le désir l'a peu à peu dévoré jusqu'à vouloir devenir spécialiste du genre dès ses 20 ans, soit une carrière de plus de trente ans, ce qui est exceptionnel dans le métier.
A travers sa parole, on sent tout de même l'homme déchiré de l'intérieur, qui ne comprend presque pas comment ce désir sexuel peut autant l'envahir, car à travers ses multiples tournages, ses partenaires avec qui il baise (la nuance est expliquée d'ailleurs dans le film), ce sont ses propres perversions qu'il expérimente, pour quelque chose qui peut dégouter, mais le résultat ne laisse pas indifférent.

Comme je le disais, on le voit au travail, caster des jeunes femmes (qui viennent très souvent de l'Est) au sein de Budapest, capitale européenne du X, qui n'y vont pas contraintes et forcées, mais savent déjà où elles mettent les pieds, sont prêtes à tout pour être dans le milieu de la pornographie, souvent pour des courtes carrières afin de gagner très vite de l'argent, mais aussi pour se confronter à la légende Rocco Siffredi où il est dit qu'une scène en sa compagnie est si intense qu'elles en ressortent exténuées.
Le rapport qu'il a avec ces femmes est assez ... particulier, dira-t-on, avec un pelotage, un baiser pleine bouche, ou à les questionner sur leurs pratiques sexuelles, et si elles sont conscientes qu'elles vont subir des humiliations ; ce qui n'a pas l'air de les déranger pus que cela, car ce sont souvent les premières à parler crûment de sexe et de parler de sexe anal aussi facilement.

Outre Rocco Siffredi, sa famille est également présente, où ses fils ont l'air tout gênés d'être filmés, mais il y a aussi un entretien très intéressant avec sa femme, Rosa Caracciolo, qui assume parfaitement ce que son mari fait avec d'autres femmes, car elle considère que ça fait partie de son métier. Tout en présentant un portrait intime d'une grande douceur qui est loin des extraits de tournage qu'on voit.
Il y a quelque chose de l'ordre de la catharsis en voyant Rocco s’exercer aussi violemment avec ces femmes, entre pulsions sexuelles inassouvies et rejet de soi, comme s'il ne pouvait pas faire autre chose. D'ailleurs, le seul moment où il brise un peu la coquille est quand il parle de la disparition de sa mère, qui l'a fortement marqué, et dont il conserve une photo d'elle afin qu'elle le guide dans son parcours. Je ne savais pas exemple que Siffredi avait envisagé de devenir prêtre !

Les scènes pornographiques sont assez nombreuses dans ce documentaire, mais souvent filmées de loin ou sans montrer les actes en eux-mêmes, mais il y a une volonté de faire de la belle image qui m'a par moment un peu décontenancé. Ainsi que la musique.
Pour les gens qui ont vu le film (ou la série) Hot girls wanted, l'univers décrit du X reste très proche, à savoir que ça a l'air sacrément glauque, avec ces filles refaites de partout et ces producteurs libidineux qui tripotent à l'envi leurs actrices (car là, elles font penser à du bétail).
Au fond, ça reste intéressant sur la confusion mentale d'un homme qui semble dévoré par son démon situé à son entrejambes, mais je ne suis pas sûr qu'il ait tout dit, car il tourne tout de même beaucoup autour de ça, sans nous parler de sa carrière ou de ses tentatives d'aller dans le cinéma traditionnel (comme Romance).

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