Le monde à hauteur d'enfant

Avis sur Room

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Aujourd'hui, j'ai cinq ans. C'est mon anniversaire. Je suis un grand et je réveille 'Man pour le lui faire savoir. Elle me félicite, 'Man, avec ce drôle de ton dans la voix, avant de me proposer que l'on fasse un gâteau ensemble. Je l'aide à casser les oeufs, puis à mettre la pâte à cuire dans le four.

Mon monde est délimité par quatre murs. Je n'ai jamais vu ce qu'il y avait derrière car cela n'existe pas. Mon univers, c'est cette chambre familière dont je connais chaque recoin. Ce n'est pas très propre, mais 'Man fait tout ce qu'il faut pour moi. Elle est gentille, 'Man. Elle me dit que Monsieur Vélux, c'est une fenêtre sur le vrai monde. Qu'elle n'a pas toujours été là. C'est difficile à croire car du plus loin que je me souvienne, je n'ai connu que cette chambre. Et elle essaie de m'expliquer car je suis un grand garçon, maintenant. Mais c'est difficile de dire que les choses, elles existent, alors que je ne les ai jamais vues. La télé, ça, c'est ma réalité. Je saisis pas tout de suite, et 'Man, elle verse une larme avant de me serrer dans ses bras.

Pendant le dodo, Vilain Nick, il vient parfois. Il dort sur 'Man et gémit. Elle ne veut pas qu'il s'approche de moi. Elle est triste 'Man quand Vilain Nick lui parle. J'aurais préféré ne jamais le voir. L'idée qu'il était derrière le mur et les bruits qu'il fait quand il dort sur 'Man suffisaient à donner réalité à sa menace et sa présence lourde.

Hier, 'Man m'a enroulé dans le tapis au pied du lit. Elle m'a dit de me raidir comme un robot en fer parce que Vilain Nick allait ouvrir la porte pour me prendre. Je ne comprends pas. Mais 'Man, elle pleure mais elle me sourit quand même. Elle me dit de rouler pour ouvrir le tapis et sauter du pick up quand il ralentit. Puis de courir à toute vitesse pour demander de l'aide. Puis elle me parle de Grand'mère et Grand'père et que je vivrai avec eux. Mais moi, c'est avec toi que je veux vivre, 'Man. Car tu es tout ce que je connais. Tu es mon univers, comme notre chambre où on fait comme si tu étais heureuse et qu'on menait une vie normale.

Room, c'est notre histoire, à moi et à 'Man. C'est l'histoire de l'enfance qui s'épanouit malgré tout. De sa force qui grandit malgré l'indicible, comme une fleur qui se développe et qui pousse à travers les cailloux ou le béton. Pour toucher le bleu de Monsieur Vélux quand il n'y a pas de nuages. Notre histoire, cependant, elle reste fragile et pudique, quand elle aurait pu devenir voyeuriste. J'ai vu que les larmes, elles ont plusieurs fois manqué de couler sur ton visage, quand tu t'es demandé si j'allais réussir à échapper à Vilain Nick ou si 'Man, elle était encore là.

Si Room, c'est mon histoire, c'est aussi celle de 'Man. Elle a protégé mon enfance de ce qu'elle a subi pendant cinq ans. Du traumatisme, de celui qui nous a mis dans cette chambre familière dont les murs sont tapissés de mes dessins malhabiles. 'Man, elle suscite l'empathie jusqu'à ce que Lenny Abrahamson, il torde sa jolie image de louve pour l'enfermer, dans la seconde partie, dans une autre chambre, retranchée pour échapper aux journalistes. Il y a même des barreaux en guise de garde-fou des escaliers.

A partir de ce moment, 'Man, elle change du tout au tout. Ses traits se durcissent, jusqu'à me crier dessus avant de pleurer. Elle est restée dans la chambre dans sa tête. Elle pleure et elle perd pied parce qu'elle réapparaît dans une vie où elle a disparu et que ses souvenirs, ils se dérobent et l'on enfermée dans un univers figé. Elle pleure sur des albums photos et elle reproche à Grand'mère de ne pas la comprendre. Room, c'est aussi l'histoire de ce que je représente. La preuve de ce que 'Man, elle a vécu avec Vilain Nick. Grand'père, il est triste et il ne peut pas me regarder sans souffrir. Room, il pose beaucoup de questions intimes avec une infinie délicatesse sur la reconstruction des victimes. Car 'Man, elle réapprend à marcher. Comme j'ai réappris à marcher quand je suis arrivé dans la maison de Grand'mère. Room, c'est la lumière malgré tout. C'est 'Man et moi dans les petits bonheurs du quotidien et dans les larmes.

Pour l'aider à aller mieux, 'Man, je lui ai offert mes cheveux que Grand'mère a coupé et qui contiennent toute ma "forceur", comme Samson. Quand je suis allé la voir, elle m'a souri et elle m'a pris dans ses bras. Pour me serrer fort, car Room, c'est toi et moi, 'Man, c'est nous.

Ah ! J'ai oublié ! 'Man, elle me dit de dire merci à Szagad pour m'avoir donné envie de découvrir le film.

P'tit Jack, qui promène son chien imaginaire.

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