[Critique et analyse] Roxane de Mélanie Auffret (2019)

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Si certains s’inquiètent de la santé du cinéma français, ils feraient mieux de s’y intéresser un peu plus et de voir plus loin que certaines comédies au succès facile… sans jugement aucun de ma part néanmoins. Étant désormais au milieu d’année 2019, nous avons déjà quelques pépites : « L’incroyable histoire du facteur Cheval » en janvier, « Mon inconnue » sorti en avril, « Roxane » ce mois-ci, et sûrement d’autres passés à travers ma lorgnette de cinéphile…

Mélanie Auffret, jeune réalisatrice de 28 ans, prouve qu’elle a un avenir prometteur devant elle, et signe un premier long-métrage en tant que jeune femme s’intéressant au métier d’agriculteur et à son quotidien rude, ses difficultés poussant certains jusqu’au suicide (le beau-frère de Raymond, surnommé « Poupou », dans le film). Ici ni pathos, ni voyeurisme du malheur, mais plutôt un plaidoyer en faveur de ceux qui nous font vivre en nous nourrissant de leur terre et laissés pour compte de l’État.

Guillaume de Tonquédec, incarnant Raymond, le personnage principal du film, aux côtés de la désormais célèbre Roxane (surnommée à juste titre « Roxstar » par Poupou), est comme un « coq en pattes » dans la peau de cet agriculteur attaché à ses poules, et notamment à Roxane, sa poule favorite qu’il emmène partout avec lui. Il incarne un homme touchant, en homme féru de théâtre depuis l’adolescence, le cachant depuis son plus jeune âge à son entourage, et pense de façon naïve comme pourraient le penser certains (pour sa femme surtout), que des vidéos sur Internet pourraient sauver sa ferme (faire le buzz, prononcé dans le film « buzz » avec un « u » à la française par sa tante Simone, qui lui a soufflé l’idée).

Il n’y a eu pour ma part, aucun moment d’ennui à suivre ce très beau « Roxane », comme une mascotte qui rappellerait que, si l’on voit surtout le métier d’agriculteur comme trop rude voire impossible à « exercer », certains agriculteurs sont si attachés à leur métier, leurs bêtes, à leur terre, que l’idée même de les perdre les tuerait, en plus du fait d’être endettés, et de se sentir seuls et abandonnés avec leurs difficultés (à l’image de la réplique de Raymond à son épouse Anne-Marie « Je n’ai pas envie de faire autre chose… »).

Pour son premier film « Roxane », Mélanie Auffret a su bien s’entourer et distiller les émotions dans ce film tantôt mélancolique, tantôt optimiste, qui fait du bien et redonne du baume au cœur. Une ode à la nature, aux animaux et à leur pouvoir « guérisseur », à la persévérance, à l’entraide, au partage, de l’importance d’avoir des passions dans la vie (qui sont bien souvent salvatrices). Mention spéciale à Guillaume de Tonquédec, désarmant de sincérité, et au regard très expressif, e à sa poule Roxanne, première gallinacée star de cinéma : une bonne chose de mettre en avant la poule, animal dont l’intelligence est souvent sous-estimée.

Mon analyse complète du film sur mon blog; reves-animes.com

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