Virée pour nulle part

Avis sur Rush

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Texas, 1974, deux agents des Stups infiltrent le milieu de la drogue, sous les directives d’une Police désabusée et d’un préfet puritain ne vivant que pour l’ordre et la loi. Pour être crédibles ils doivent authentiquement être acheteurs et consommateurs, et accepter de plonger aux enfers, l’un extérieur et l’autre intérieur. Dans la périlleuse toile de fond évidement hollywoodienne d’un milieu qui ne plaisante pas, le couple se retrouve en première « ligne », à la merci d’une si accessible erreur, sous l’œil méfiant et discrédité de la Police comme de la Justice.
Les films de 1991 n’étaient pas si nombreux à montrer les techniques de shoot, à décrire les différentes substances, leurs effets ou les conditions des trafics. On a ici un véritable reportage romancé dans la noyade toxicomane, et la métamorphose en authentique junkie chaque jour plus manifeste, avec son chapelet de paranoïa (tu m’étonnes !), d’exaltation, de sexualité, de compensation, de désorientation comportementale et sensorielle, jusqu’aux trashs et douloureuses scènes de manque et de sevrage.
Sous prétexte de thriller, essentiellement destiné à moraliser le scenario, il s’agit surtout d’un drame psychologique, avant tout d’un pamphlet sur l’inhumanité d’un système prêt à sacrifier ses propres soldats au profit des statistiques, d’un portrait d’une organisation criminelle impunie et en pleine expansion, et surtout une dénonciation choquante du prix à payer pour les si nombreux amateurs de ces voyages vers nulle part.

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