“Who you gonna call ? Blockbusters !”

Avis sur S.O.S. Fantômes

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S.O.S Fantômes, blockbuster de 1984, n’est certainement pas un navet ou pire, un nanar, mais plutôt ce que les Américains peuvent appeler “cheesy”.
Ainsi il y a de quoi rire quand certaines personnes vouent un culte à ce sketch, ou pire, quand Dan Aykroyd, humoriste, nous sort trente ans plus tard, dans une interview, des stupidités métaphysiques sur les fantômes avec un air hautain. À propos de Ghostbusters…
Il faut donc, non pas sauver le monde comme dit l’affiche, mais le calmer et rétablir un équilibre ectoplasmique.

S.O.S Fantômes bénéficie et souffre d’un même trait de caractère: son inventivité. Son sujet complètement loufoque, son mélange de peur enfantine et d’humour (plus adolescent) et bien sur toute son imagerie.
Le “ghost design”, les tenues de plombiers, le bonhomme en marshmallow qui terrorise la ville et la bande-originale avec cette musique désormais culte. “If there’s something strange in your neighborhood...”
Malheureusement, tout cet univers n’est que tristement commercial.
La musique est destinée à être diffusée à la radio pour convaincre les quelques personnes qui ne seraient allées voir le film de s’acheter un ticket, l’imagerie sent à plein nez les criardes années 80, le casting d’humoristes du Saturday Night Live est là pour attirer foule sans vraiment qu’il soit systématiquement pertinent, et le projet même n’est qu’un film de producteur (et d’humoristes). Qui se souvient du réalisateur, Ivan Reitman ?

Pire que cela, le scenario est écrit par ses acteurs, Aykroyd et Ramis, et cela se sent.
Souvent on se rapproche du clip musical ou du sketch SNL, rarement d’un vrai long-métrage, tant le tout peut sembler parfois bête, parfois incohérent. Tous les fantômes sont censés être relâchés dans la ville et pourtant cela est oublié, les “Ghostbusters” sont en prison et la réelle menace n’est plus que ce “Zuul” ou je ne sais quoi. Un manque réelle de maitrise des différentes intrigues, et un côté trop enfantin par moments.
Quant aux personnages, aucun n’est complet car aucun n’est suffisamment développé. Les quelques instants de purs échanges semblent alors bien artificiels.

Sans parler des effets-spéciaux, pardonnables pour l'époque et volontairement “cheesy”, on y revient, il ne reste plus qu’à évoquer ces acteurs.
Le génial Bill Murray, la célèbre Sigourney Weaver et puis les drôles Aykroyd, Ramis et Moranis. Si tous sont dévoués à leurs rôles, il est clair qu’ils ne sont pas convenables pour le cinéma. Leurs jeux sont inégaux, le pire étant Aykroyd, dans cette scène où nos héros chasseurs de fantômes trouvent ce qui sera leur caserne. Même Murray n’est pas au sommet de sa forme, et ne trouvera son nirvana dans la comédie plus tard qu'avec Un Jour sans fin.

Vous l’aurez compris, S.O.S Fantômes n’est pour moi ni un film qui mériterai d'être culte, ni une analyse sérieuse sur les fantômes et leurs origines dans notre culture, comme le prétend Aykroyd, mais une maladroite série de sketchs que l’on peut apprécier pour quelques raisons: dans une certaine mesure son inventivité, ses dialogues (encore une fois jusqu'à un certain point), son humour bien gras, et Sigourney Weaver. Rien de plus, rien de moins.

En somme, un blockbuster de l'été habituel, malheureusement.

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