Histoire d'un gâchis royal

Avis sur Sale temps à l'hôtel El Royale

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Rien de tel qu’un hôtel pour planter un décor n’est-ce pas ? Lieu de passage mais aussi de rencontres, cet endroit évoque immédiatement certains des pires vices de l’humanité dans l’esprit cinématographique populaire. Secrets, voyeurisme, sexe, étape importante dans la cavalcade de criminels recherchés ou scène de crimes sordides, l’hôtel est un lieu fantastique ou la magie du cinéma peut s’épanouir à chaque instant.

Alors prenons cet endroit mythique du cinéma comme théâtre d’un film entier à la photographie intéressante. Ajoutons-y une belle petite tempête, un MacGuffin, des personnages mystérieux coincés les uns avec les autres parmi lesquels Jon Hamm et Jeff Bridges, excusez du peu, puis envoyons-y un Chris Hemsworth en gourou illuminé foutre le boxon en chemise ouverte.

Franchement, on se demande bien ou ça pouvait coincer ? Eh bien, à peu près partout en fait…

Malgré un début prometteur qui pose des bases sommes toutes assez conventionnelles mais entrainantes, le film ne décolle jamais, oscille entre le « mouais » et le « osef » le plus complet, avant d’impérialement se crasher dans son troisième acte.

La faute à qui, à quoi ? Au script très certainement, n’est pas Tarantino qui veut. Les personnages se révèlent assez fades dans leur ensemble, les situations trop convenues, et les allers-retours narratifs, qu’on saluera comme une belle tentative pour pimenter les choses, sont finalement plus fatiguant qu’autre chose.

Tout reste finalement trop conventionnel, à l’image de la réalisation qui ne tire jamais vraiment parti de son décor à deux ou trois exceptions près. Il manque un grain de folie à l’ensemble, il manque ce point de bascule que l’on retrouve notamment dans les films de Tarantino. On l’attend, désespérément, jusqu’à se rendre compte que l’histoire nous a, en réalité, largué au bord de la route pour poursuivre sur sa lancée.

Et Chris Hemsworth dans tout ça me direz-vous ?

Dernière espoir du spectateur, son ombre pèse un très long moment sur le film avant qu’il n’apparaisse pour de bon. Mentionné à de multiples reprises, craint par un personnage, adulé par une autre, l’attente générée par son apparition tardive reste la belle réussite du film. Avant ce qu’on retiendra comme un naufrage total.

Le troisième acte est un ratage complet, et le problème vient, en grande partie, du personnage joué par notre homme providentiel, aka Billy Lee. Gourou biblique à la recherche d’une de ses protégées, il n’a finalement aucun lien avec les évènements passés et en cours du film et sa présence ainsi que son implication n’ont, à partir d’un certain stade, aucun sens.

Comme si une troisième équipe s’invitait à un match de foot à la 80e minute alors que le score serait déjà de 3-1. Et qui demanderait aux autres de lui relater tout ce qui s’est passé avant pour qu’on en arrive là, parce que oui, on ne s’ennuyait déjà pas assez comme ça. C’est pire que du shonen qui vous balance du flash-back sur un truc qui s’est passé trois pages avant.

A partir de cet état de fait, il n’y a plus de suspens parce que l’on n’y croit pas et que le niveau de tension frise le zéro absolu malgré les efforts des comédiens.

Et quoi de mieux pour conclure qu’un bon petit Deus Ex Machina ? Parce que oui, le gentil petit réceptionniste qui se fait maraver la tronche depuis le début du film se révèle au final être un super soldat d’élite à la retraite ! Pratique au moment où ça fini par canarder et qu’il faut flinguer du méchant.

Un film fatiguant, usant, raté, qui se prend trop au sérieux pour son propre bien et qui, à force de vouloir rester premier degrés, n’a pas su tirer profit de son potentiel. Vraiment dommage.

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