Une douleur sans fin.

Avis sur Salo ou les 120 journées de Sodome

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Je n'utilise jamais le "je" pour mes critiques mais là, je n'ai pas le choix car je veux être certain d'exprimer ma propre voix. Je pense avoir vu un certain nombre de films dans ma courte existence. Et il est toujours délicat d'aborder des oeuvres comme ce film de Pasolini qui a un statut de film culte. Je suis tout à fait enclin à reconnaître ses qualités esthétiques, de mise en scène et de construction. Le film possède une belle lumière mais que nous apporte Salo ?

Depuis que j'ai vu ce film, je ne cesse de me poser cette question. Qui m'apporte ce film ? Ce film que j'ai mal vécu, qui a été une torture, que j'ai failli arrêter plusieurs fois. Ce film indigérable. Et je sais que c'est comme ça que nous sommes supposés prendre et comprendre Salo, que nous ne sommes pas du tout censés passer un moment de détente, bien au contraire. Mais, ce film apporte selon moi le même débat qu'un film comme La grande bouffe. Pourquoi nous infliger ce triste spectacle ? Que reste-t-il à la fin de la projection ? Pourquoi mes yeux ont-ils souffert ? J'ai compris ce que le film dénonce. Je l'ai d'ailleurs compris dès les premières minutes. Mais pourquoi continuer ce supplice pendant une heure et cinquante minutes ? Pourquoi aller toujours plus loin dans l'horreur ? Et ces histoires horribles qui ne cessent jamais.

Dans Salo, il n'y a pas de personnages, simplement des figures. Il n'y pas d'humanité. Pasolini met en image des idées, des concepts. Il gueule un message, nous l'inscrit en rouge, nous l'écrit au fer rouge sur la peau et recommence encore et encore. Mais je ne peux m'empêcher de me demander : n'existait-il pas un autre moyen de dénoncer le facisme, la société de consommation et tout ce que veut dénoncer Pasolini ? N'y avait-il pas un autre moyen, en faisant appel à une histoire élaborée, avec des vrais personnages ?

Je pense que, dans mon apprentissage de cinéphile, Salo m'a appris que ce n'était pas mon cinéma, que je n'avais pour ce genre de spectacles aucune sensibilité, connection ou affection. Je n'aime pas le cinéma pour ces raisons là et je ne souhaite pas voir ce genre de films. Le cinéma je l'aime pour les émotions qu'il me procure et pour l'ouverture d'esprit qu'il m'offre. Mais je refuse tout simplement le spectacle proposé par Pasolini. Ce n'est pas mon cinéma.

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    Illustration Films vus en 2013

    Films vus en 2013

    Une liste qui me sera utile pour voir combien de films je regarde en une année et pas seulement ceux vus en salles.

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