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Samurai Avenger: The Blind Wolf par pierrick_D_

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Un asiatique aveugle erre dans le désert californien à la recherche de Flesher,l'ignoble truand qui a tué sa femme et sa fille.Mais l'affreux a engagé sept tueurs d'élite très retors que le vengeur va devoir éliminer un à un avant d'atteindre sa cible.Cette production américano-japonaise est sortie en vidéo dans une collection baptisée "Grindhouse".Ce terme désigne les salles de quartier américaines qui diffusaient autrefois des films de genre de série B violents,souvent en double-programmes.Quentin Tarantino a ressuscité le terme et le concept en 2007,en concoctant un double-programme composé de son "Boulevard de la mort" exploité conjointement au "Planète terreur" de son pote Robert Rodriguez.Cet hommage au bis d'antan a créé un effet de mode dans lequel se sont engouffrés de nombreux petits malins opportunistes comme le nippon Kurando Mitsutake.Le gars n'avait pas de pognon mais il avait des idées,même si ce sont en l'occurrence celles des autres.Le voici donc qui dégoupille ce film fauché dont il est à la fois réalisateur,producteur,scénariste et acteur principal.Globalement,il s'agit de faire du Tarantino sans en avoir les capacités financières ni le talent."Samuraï Avenger" est par conséquent un gros plagiat de "Kill Bill",car QT s'est toujours inspiré du cinéma bis,croisé avec la série des "Zatoïchi".Mais Mitsutake ne s'arrête pas là et,croyant se singulariser,procède par accumulation et hypertrophie.Il convoque ainsi tous les styles de la série B,du western italien au film de sabre japonais en passant par le kung-fu hong-kongais et des genres très américains tels que l'horreur gore,le film de guerre,le polar glauque,le rape and revenge,l'érotisme frelaté à base de plans nichons ou le thriller déjanté.Du coup,on mélange des samouraïs,des gangsters,des zombies,des sorciers,des damnés,des rednecks et des tireurs d'élite.Ca fait déjà trop pour un seul film mais il y rajoute un traitement excessif qui achève de rendre la chose indigeste.C'est trop lent,façon Sergio Leone mal digéré,il y a trop de flashbacks explicatifs car on continue à singer Tarantino,les personnages sont trop folkloriques,les défauts qui apparaissent par instants sur la pellicule pour donner un aspect seventies font toc et les effets dégueus sont trop spectaculaires vu qu'ils sont ratés.Comble de malchance,notre ami Kurando n'est pas très doué et propose des combats malencontreusement chorégraphiés,des invraisemblances et des incohérences criantes dans une histoire finalement prévisible et moraliste ,et un ton hésitant qui oscille sans cesse entre hommage et parodie sans qu'on sache exactement à quoi s'en tenir.Le réalisateur a finalement l'air d'un écolier qui a appris sa leçon par coeur mais n'a rien compris au texte.On peut néanmoins sauver de belles images de paysages désertiques et un radicalisme bienvenu dans la violence sadique.Au milieu d'un casting de parfaits inconnus,on distingue Domiziano Arcangeli,le mal nommé,qui campe un méchant visqueux à souhait avec son physique de Régis Laspalès dégénéré.Et il y a une brève apparition d'Amanda Plummer,dont on se demande ce qu'elle est venue foutre là.Pour finir,on nous annonce présomptueusement une suite qu'on attend toujours sans impatience particulière.

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