Un deuxième opus plus mouvementé

Avis sur Sans un bruit 2

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On sent très rapidement que John Krasinski aura été dépassé par le succès de son premier film, et qu’il n’avait pas eu nécessairement l’idée d’en faire une suite. Plutôt original dans sa conception, maîtrisée dans son approche du rythme et de la tension malgré un scénario minimaliste mais prenant dans la simplicité de ses enjeux, A Quiet Place premier du nom était une agréable surprise qui se suffisait amplement à elle-même. Mais Hollywood n’est pas du genre à reculer face à un filon potentiellement juteux et on sent que la volonté du studio aura poussé l’envie d’une suite à son metteur en scène. Commençant directement là où s’achevait le premier film, A Quiet Place: Part 2 débute d’un pas mal assuré, juste après une impressionnante et très réussie séquence de flashback qui revient au tout début de l’invasion des créatures. Une scène qui d’ailleurs souligne bien le fait que ce deuxième opus aurait plus gagné à être une préquelle plutôt qu’une suite.

Car assez vite, à vouloir élargir ses horizons et introduire de nouveaux personnages, Krasinski se trouvera confronté aux limites de ce qu’il a créé tant il ne parvient jamais à étendre ses enjeux et la crédibilité de son univers au-delà du petit cercle de la famille Abbott. Là où l’ignorance du premier film, et sa volonté de n’offrir que très peu de contexte, fonctionnait en sa faveur, on se rend compte ici de la maigreur narrative de ce qui nous est proposé. Il va donc rejouer peu ou prou la même formule mais avec juste un tout petit peu plus d’ampleur. Scindant très tôt ce qui reste de la famille pour suivre en parallèle deux intrigues différentes, il devient assez vite évident que dépossédé de la figure du patriarche Krasinski peine à savoir comment garder unis ses protagonistes et leur donner à tous un rôle significatif. On se retrouve avec deux intrigues simultanées mais à l’intérêt variable, notamment une qui repose beaucoup trop dans son déroulé sur les décisions stupides de ses personnages. Tandis que l’autre, celle qui se révélera être le cœur du film, s’avère plus efficace car non seulement elle cristallise les enjeux du film mais ne souffre jamais de grosses lacunes d’écritures.

On pourra lui reprocher une certaine redite avec le premier opus, notamment pour le fait que Krasinski réinjecte une figure paternelle dans son récit, même si cette fois-ci elle est plus controversée. Mais le duo qu’il forme avec ce nouveau personnage, assez réussi au demeurant, et la fille Abbott fonctionne plutôt bien. Tout particulièrement grâce à la présence charismatique et intense du toujours excellent Cillian Murphy. Gros atout de cette suite, il intègre un casting toujours aussi solide même si globalement moins bien exploité par le scénario. Notamment Emily Blunt qui se trouve avec très peu de matières avec lesquelles composer. Mais la vraie réussite de cette suite réside dans son emballage visuel. Techniquement irréprochable, John Krasinski démontre aussi plus d’assurance dans sa mise en scène et n’hésite pas à offrir un spectacle plus définitif et ce dès son impressionnante scène d’ouverture. Implacable, tendue et enlevée, elle pose les bases d’un film qui ne faiblira quasiment jamais dans sa gestion du rythme et de la tension jusqu’à un troisième acte qui parvient à gérer diverses actions simultanées et aux enjeux divers sans jamais se perdre ou manquer de souffle. Plus fluide encore que par le passé, John Krasinski démontre l’étendu de son savoir-faire derrière la caméra et offre quelques morceaux de bravoure particulièrement saisissants.

A Quiet Place: Part 2 à tout du divertissement honnête. Même si son scénario tend à plus montrer les limites de son univers et que son récit fait preuve de certaines lacunes dans son exécution, avec une sous-intrigue maladroite et un systématisme quand il s’agit d’avoir recours à des personnages stupides pour faire avancer ses rebondissements. Il dispose néanmoins d’un duo principal attachant, d’un casting toujours aussi convaincant et une exécution formelle plus assurée qui offre un spectacle indéniablement plus maîtrisé et réjouissant. Perdant en originalité et en surprise ce qu’il gagne en spectaculaire et en tension, A Quiet Place: Part 2 s’impose comme une suite dispensable mais jamais déplaisante. Sans être meilleur ou pire que son prédécesseur, elle en est peut-être même trop similaire pour le meilleur comme pour le pire, même si elle sera plus à réserver à ceux qui préfèrent la forme au fond.

Ma critique originale disponible sur lemagducine.fr

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