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Sausage Party : La vie privée des aliments par l'homme grenouille

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Bon, je pense qu’on s’est tous plus ou moins faits la même réflexion quand on a appris l’existence de ce film : on s’est demandé si ce « Sausage Party » allait être capable de dépasser le simple stade de la blague bien grasse… Moi en tout cas, perso, j’avoue qu’avec Seth Rogen aux commandes, j’avais des doutes, c’est ce qui a d’ailleurs fait qu’à la sortie de ce film en salles, j’ai passé mon tour… Eh bah, bien mal m’en a pris puisque au final j’ai eu l’occasion de la découvrir après coup cette « fête de la saucisse », et franchement j’ai été plus qu’agréablement surpris ! Premier vrai gros point positif qui saute aux yeux dès les premières minutes c’est que – non – le film ne sera pas qu’un simple déversoir de blagues salasses. La première scène amorce l’intrigue sur un humour très décalé qui, à la fois se moque des codes du film d’animation classique à base de chansons et d’objets anthropomorphisés, mais qui en plus décide d’imposer tout de suite une thématique qui n’est pas le cul ; qui n’est pas la simple transgression ; mais qui est – d’une manière assez large – la question des biais idéologiques communautaires… Oui… Vous avez bien lu… « Sausage Party » est un film qui décide de se faire un trip sur des biais idéologiques ! Mœurs, croyances, religions, oppositions communautaires… Enfin « ouah » quoi ! Pour le coup, en faisant ça, je trouve que le film réussit déjà la première partie de son pari ! Parce qu’après tout, il ne faut pas oublier que « Sausage Party » s’affiche ouvertement comme un film d’animation destiné à une population adulte. A quoi bon alors se restreindre à un public précis sans prendre la peine d’en tirer pleinement parti ? Donc oui, « Sausage Party » en profite pour saisir cette belle occasion de faire comme tout bon film d’animation, c’est-à-dire caser des symboliques et des questionnements moraux ou sociaux que seuls les adultes pourront pleinement comprendre, mais en le faisant avec des sujets trop clivants pour se retrouver dans des films tous publics. Alors après – certes – encore faut-il tenir la distance… J’avoue d’ailleurs que, sur ce point, le début du film ne m’avait pas pleinement donné confiance là-dedans, mais à la longue « Sausage Party » relève clairement le pari. Et ma plus grosse surprise – qui est d’ailleurs pour moi la grosse réussite du film – c’est qu’il parvient justement à faire preuve d’une réelle richesse dans son humour et dans son univers. Non, il ne sera pas question que de blagues grivoises. Certes, il y en a, mais pas tant que ça. Il y a aussi et surtout beaucoup de malice dans les déclinaisons de cet humour absurde...

(Moi, le seul personnage de Gum a suffi à me faire ma soirée. Mais au-delà de ça, je me suis beaucoup amusé à voir comment ce film s’amusait à réintroduire certains débats idéologiques en plein milieu d’une histoire absurde d’évasion de produits alimentaires)

...Ainsi que pas mal de trips qui jouent avec les codes du cinéma et qui pour le coup sont très rafraichissants.

(L’utilisation des codes du gore pour la cuisine des légumes, j’ai trouvé ça génial. Idem pour cette scène remarquable en début de film lorsque quelques produits chutent du caddie : les morts de personnages sur fond de « soldat Ryan » sont encore une fois très originales et franchement rigolotes.)

En fait, avec le recul, je me rends compte que les seuls moments où le film m’a un peu laissé sur la touche, c’est quand il est tombé un peu dans ce qu’on pouvait attendre et craindre de lui, c’est-à-dire de la blague salasse pour la blague salasse ; de la transgression juste pour la transgression… Or, pour le coup, je trouve que tout ce qui tourne autour du personnage de Douche incarne un peu ça et fonctionne beaucoup moins bien. En fait, Douche est pour moi un personnage qui ne marche pas pour une double-raison. D’abord parce que tout ce qui tourne autour de lui est inutilement vulgaire et transgressif, et d’autre part parce qu’il incarne finalement une figure de méchant aussi classique qu’inintéressante qu’on retrouve malheureusement trop dans les films d’animation traditionnels. Du coup, j’avoue que chacune de ses apparitions m’a un peu sorti du trip. D’un autre côté, le personnage est vite relégué en périphérie d’intrigue, donc ça ne m’a pas trop posé de souci. Bref, à bien tout prendre, je trouve que ce « Sausage Party » a vraiment beaucoup de mérites. Il apporte quelque-chose de rafraichissant et de transgressif comme il faut dans le paysage du cinéma d’animation et même du cinéma tout court. Donc franchement, belle initiative que voilà ! Un vrai plaisir pour ma part ! Merci Seth Rogen !

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