Saw, saw you think you can tell, Heaven from Hell

Avis sur Saw

Avatar James-Betaman
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Parmi mes films préférés, il y’a ceux que je ne peux critiquer de manière objective car ils sont arrivés très tôt dans ma vie. Ainsi, tout en sachant les innombrables défauts d’un film tel que Le Roi Lion, je ne peux m’empêcher de lui faire de nombreux éloges, tant il a bercé ma jeunesse.
Puis il y a d’autres films, qui sont apparus bien plus tard et qui ont trouvé une place parmi mon top par le fait qu’ils atteignent un degré de perfection rarement atteint. Saw en fait partie.
Alors oui, je vous vois venir à me relever des défauts du film comme « trop violent ». Donc déjà cet argument à deux balles, on l’oublie. Tout simplement parce que quand vous savez que vous allez voir un film violent, préparez-vous. Le réalisateur, il va pas s’emmerder à réduire l’impact de son film juste parce que le spectateur lambda trouve ça trop violent. Et après tout, je peux comprendre les gens qui ont du mal avec ce film, car il est vrai qu’il est vraiment dur et qu’il faut vraiment s’accrocher pendant 1h35. Mais bordel, que ce film est bon !
Avant tout, remettons les choses au clair, je n’ai rarement vu un tournage de film aussi chaotique. Si comme moi, vous regardez les bonus de votre DVD (que vous n’aurez pas si vous téléchargez, et télécharger, c’est pas bien !), vous pourrez constater que le budget de ce film est extrêmement mince. James Wan et Leigh Wannel ont carrément dû puiser dans leur réserve personnelle pour avoir assez d’argent pour tourner ce film. Je suis même étonné qu’ils aient pu se payer un acteur comme Danny Glover qu’on avait vu dans l’Arme Fatal. Et puis, tourner un film d’1h35 en dix-huit jours, c’est quand même miraculeux. Outre le fait que la moitié du film se passe dans la même salle je trouve ça quand même prodigieux. Plus de nombreux oublis qui ont poussés l’équipe de tournage à refaire des gros plans de mains avec ceux de Leigh Wannel (alors que dans le film, c’est les mains d’Amanda). Donc vous m’excuserez si je fais impasse aux rares défauts de Saw car livrer un travail pareil, c’était aussi casse-gueule que faire une adaptation du Seigneur des Anneaux (et heureusement que dans ces deux cas, on se soit retrouvés face à des chef d’œuvres). Et c’est comme ça qu’on peut définir un bon réalisateur, un gars qui a projet faramineux, mais qui l’emporte haut la main. Et puis, arriver à faire un film culte alors que c’est son premier film, franchement, je m’incline devant James Wan.
Mais alors, qu’est-ce qui fait de Saw, un film si cher à mes yeux ? A peu près tout. Que ce soit dans la mise en scène merveilleusement immersive qui nous emmène dans l’horreur de cette histoire, l’investissement des acteurs, notamment pour Cary Elwes qui nous livre une descente aux enfers réaliste et absolument terrifiante, et puis surtout ce scénario tellement bien foutu que je suis happé à chaque visionnage.
Mais revenons à la mise en scène car j’aimerai m’étendre un peu dessus car c’est la principale qualité de James Wan. Notre chère ami Wan a su tout au long de sa carrière, nous prouver qu’il était un excellent metteur en scène, et je vais peut-être me faire huer, mais j’affirme clairement que Wan est un des meilleurs metteurs en scène de sa génération. Chacun de ses films est merveilleusement bien filmé, c’est notamment le cas dans les Conjuring (qui a défaut d’avoir un scénario qui n’atteint pas la perfection de Saw) que son talent de mise en scène atteint son paroxysme. Mais on pourra déjà remarquer sa capacité à offrir une mise en scène audacieuse et loin des conventions habituelles de l'horreur dans Saw. Ainsi, les passages psychédéliques lors des scènes de pièges créent une tension palpable, ajoutez à cela des conteurs à rebours qui vous donnera encore plus le sentiment de mal à l’aise. Et puis la lumière… Ces fumés, ce jeu de lumière, ces contrastes. J’ai rarement vu un travail de lumière aussi grandiose que dans la séquence dans la maison d’Adam. On a d’abord cette scène dans la salle où il développe ses photos où la luminosité accentue un côté rouge sang. Suivi de ce qui est probablement la meilleure scène du film (avec la fin), la scène du flash. C’est le genre de scène, où tu te rends compte du génie absolu du réalisateur. Dans cette scène, c’est le noir total ! Le personnage se sert du flash de son appareil photo pour éclairer le temps d’un instant sa salle. A chaque flash, un son aigüe s’allonge. Puis un autre son, et encore un autre. Et dans ce silence absolu irrité par le son de l’appareil photo et la voix du personnage, l’horreur prend tout l’ampleur de la scène et le suspense est à son apogée. C’est pour ce genre de scène que j’aime les thrillers !
Et puis, ce scénario. Chaque détail est une pièce du puzzle du tueur. Chaque plan, chaque scène est minutieusement travaillée pour donner un indice pour nous mener à un final grandiose. C’est tout simplement parfait, les révélations arrivent au fur et à mesure, ce qui relance sans cesse le suspense, notamment grâce aux flash-backs. Et d’ailleurs, la narration jongle parfaitement entre le récit actuel et les flash-backs, encore une preuve que Wan est talentueux car le montage est juste génial ! Et puis ne l’oublions pas, mais Saw est un film d’horreur. Enfin, plutôt un thriller à penchant horrifique. D'ailleurs, le scénario est merveilleusement bien fouillé, offrant un fond et un message foutrement bien amené, chose rare dans ce genre cinématographique.
Donc voilà ce que j’avais à dire sur ce Saw premier du nom dont la réputation sera, à mon grand désarroi, entachée par ses affreuses suites. Mais si on ne regarde que le travail de James Wan, on ne pourra que constater qu’il a livré là, un véritable chef d’œuvre de tension et de mise en scène. Et je ne peux dire que bravo !

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