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Assez tôt, je me suis rendu compte que le pouvoir psychique, c'était grave ma came. En même temps, c'est plutôt normal. L'idée, c'est quand même qu'un gringal' comme moi puisse tuer n'importe quelle grosse brute juste avec la force de son esprit. Et tiens, un coup de gros yeux, des ondes psychiques qui font des vagues jusqu'au lobe frontal de l'impudent et c'est ensuite un joyeux concert de viscères. Ou de matière cérébrale, selon ce qu'on souhaite faire exploser en premier lieu. Le souci, c'est que c'est pas très fourni en film sur ce sujet. Y avait eu Push, assez récemment, mais c'était pas terrible terrible. Du coup, ce Scanners faisait un peu office de métrage providentiel. Le film qui allait réconcilier pellicule et pouvoirs paranormaux. Je l'ai regardé religieusement.

Le "Scanner", a priori, c'est le type qui, de but en blanc, vous scanne l'esprit. Bon, ça, c'est la base, puisqu'au fur et à mesure du film, on voit bien que les Scanners peuvent faire tout un tas de trucs, de la télékinésie à la pyrokinésie en passant par la ordinateur-nésie. Daryil Revok, c'est un sacré Scanner. C'est même le plus gros enfoiré de Scanner qui existe, et il a monté une team de mecs comme lui, tous dopés à l'esprit de vengeance, pour aller déverser sur le monde des micro-ondes de haine et des radiations psychiques de violence. Bref, le rôle parfait pour Micheal Ironside. Pour s'opposer à lui, l'entreprise ConSec, qui a découvert le phénomène en première, décide de se servir d'un fiévreux petit gars découvert depuis peu, un Scanner lui aussi, qui vivait en parfait clochard, à faire exploser des têtes de temps en temps, quand tu donnais pas ta pièce d'un euro. Du coup, duel au sommet pour les gens qui font sortir les veines du front !
Ca a mal vieilli. Ca, c'est un fait. Plus qu'un fait, c'est presque une signature, tant ça a mal vieilli. Les scènes d'action sont pas terribles, certains décors sont carrément cheap et les effets spéciaux... bon, cela reste inégal. On a un crâne qui explose sauvagement au début et est plutôt coolos, après, le duel psychique final est loin d'être au top, même si sa conclusion défonce. Donc ça, a priori, on se doutait bien que ça allait piquer, trente ans plus tard, quand même. Mention spécial, quand même, à ces petits détails tout cheap, du genre, la séquence de hacking psychique, avec les écrans d'ordinateur qui brillent par leur ergonomie de l'enfer. Ou les couloirs de l'entreprise ConSec et ses soldats qui portent de grandes casques naziardes avec le symbole de la boîte. Outch.
Par contre, l'ambiance est bien posée et même si ça sent souvent le fond de tiroir pour payer un pétard de plus, le métrage jouit quand même de quelques séquences bien sympas. La présentation de Revok, par exemple, est complètement classe et plutôt inattendue. Et qui a, en prime, le mérite de rappeler que le truc cool, avec les pouvoirs psychiques, c'est qu'ils nécessitent pas forcément de moyen, une fois qu'on sait comment les mettre en scène. Et ça va, ça, a priori, Cronenberg sait faire. Ca donne ma séquence préférée où le méchant fait la démonstration de son talent. Alors je sais, après, c'est facile de rajouter un petit bruit strident et de faire le constipé pour donner le change mais faut avouer que ça rend plutôt chouettement et qu'en grande fan du "tiens, je te rumine la matière grise rien que par la pensée", ça m'a bien plu. Et il faut bien reconnaître à Ironside qu'il sait bien faire semblant de se concentrer pour faire exploser des cerveaux.
D'ailleurs, Ironside est quand même LE mec cool du casting qui compte quand même un des pires personnages centraux de l'histoire. Manquant cruellement de charisme, le gus n'a d'intérêt que par le fait que l'on ignore constamment s'il est réellement gentil. Le côté anti-héros est d'ailleurs conservé jusqu'à cette fin plutôt glauque et qui a le mérite de ne pas s'appesantir sur le message du film : oui, le pouvoir psychique corrompt. On le dit, genre, trois fois en tout et pour tout dans le film, mais la fascination qu'exerce cette guerre invisible le rend plus palpable que jamais. Au-delà du protagoniste, on a une jolie demoiselle qui ne fait pas grand chose alors qu'elle a l'air plutôt débrouillarde initialement et un docteur qui connaît une fin assez hallucinée. Bref, la grande classe.
Tout ça a l'air un poil brouillon, on en viendrait à se demander ce qui peut bien plaire dans le métrage. Bon, en fait, on va pas se le cacher, tout tient essentiellement par l'ambiance. Empruntée à du bon vieux cyberpunk des familles, avec corporations opportunistes et complots pour la domination du monde, elle fait des miracles. Elle se resserre bien sur le personnage central qui, s'il manque de charisme, a au moins pour lui cette expression si neutre qu'on ne sait pas s'il va virer méchant sur le tard. Et plus ça avance, moins il y a de personnages à l'écran, comme si le film voulait bien pousser en avant son protagoniste qui, lui par contre, devient de plus en plus puissant, au point de peut-être pouvoir tenir tête à Ironside/Revok, grand méchant de l'histoire. Le bougre d'ailleurs a un petit air de Tetsuo qui aurait réussi à passer la quarantaine. Personnellement, c'est le seul dont le froncement de sourcils très concerné m'a réellement fait croire qu'il était en train de triturer le cerveau de son adversaire. Ou du lui faire grossir les veines. On trouve aussi tellement de petits passages qui auraient frôlé le ridicule sans la fascination que parvient à exercer Cronenberg, comme par exemple la recherche de Ben Pearce, étrange artiste, avec son salon-tête tellement classe ! C'est simple : le film a l'air cohérent, il a l'air de savoir où il va quand bien même le twist final tombe comme un cheveu sur la soupe et tend à prouver que cela tient davantage par hasard que par finition !

Au final, faut bien avouer que j'ai apprécié le métrage pour ce qu'il m'a vendu précisément ce que je venais y chercher : du pouvoir psychique sans grande prétention, le tout vu par un Cronenberg déjà bien grave. Dommage que l'histoire soit un poil bordélique, avec une conclusion un poil rapide, qui amène un petit twist singulièrement wtf (mais - Attention, SPOIL - c'est assez énorme de se rendre compte qu'il a été repris presque tel quel dans FEAR qui parle à peu près de la même chose !). Mention spéciale quand même à l'affiche, qui envoie quand même du lourd.
0eil
7
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