Critique + Théorie sur le dénouement final ( SPOILER !!!)

Avis sur Scarface

Avatar Chris Tophe
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Il faut savoir qu’avant d’avoir son statut de film culte par la culture urbaine Scarface était avant tout classé à sa sortie comme un film noir qui a été mal reçu par la critique dû à sa violence (scène de la tronçonneuse), à son langage cru mais aussi par la population cubaine qui se voyait décrite comme des criminelles.

Scarface est donc le remake du film sorti en 1932 d’Howard Hawks avec Paul Muni. Là où le premier film se passait à Chicago au temps de la prohibition avec comme protagoniste principal un Italien du nom de Tony Carmonté (interprété par Muni), l’œuvre de Brian De Palma affiche quelques différences. Dans cette version, l’histoire se déroule dans le Miami des années 80, son personnage n’est plus Italien, mais un Cubain (dû à la grande population cubaine à Miami) qui s’appelle Tony Montana et pour finir l’alcool fait place à la cocaïne très en vogue à cette époque.

Concernant l’œuvre elle-même, Scarface rassemble une équipe de qualité à tous les niveaux du projet : le réalisateur ( De Palma), le scénariste ( Oliver Stone) et Martin Bregman à la production. Scarface tire sa force grâce en grosse partie à son interprète, Al Pacino qui dégage un charisme incroyable que ce soit par la gestuelle ou par l’interprétation en elle-même. Il impose son personnage de la première à la dernière seconde. Les seconds rôles sont aussi excellents et arrivent très bien à exister au côté de Pacino, on y retrouve parmi eux des acteurs qui faisaient leurs débuts à l’époque comme Steven Bauer , Mary Elizabeth Mastrantonio ou bien même Michelle Pfeiffer qui n’avait fait à que quelques films ( dont Grease 2).

Les autres gros points forts sont la musique de Giorgio Moroder et la bande-son qui nous plonge bien dans l’ambiance année 80 ( Push it to the limit, Rush Rush, She’s on fire) mais le plus gros reste bien entendu les phrases cultes que l’on ne compte plus, qui sont toutes inoubliables et qui font de ce Scarface un classique du genre.

Ce qui est intéressant, c’est ce que dénonce Scarface car c’est un thriller qui ne fait pas l’apologie de la drogue et du pouvoir, bien au contraire, il en démontre les effets néfastes et destructeurs comme la paranoïa, la mégalomanie, la solitude et cela est montré par des moments très caricaturaux poussés à l’extrême ( la montagne de cocaïne, les sacs de billets, le personnage en lui-même).

En résumé, ce qui fait de Scarface un très bon film, c’est l’équipe derrière la caméra, un bon casting, une bande-son énorme, mais ce qui en fait un classique, c’est le charisme d’Al Pacino et ses répliques cultes.

Théorie sur la mort de Tony

Dans le film Tony meurt sous les balles des hommes de son ex associé Alejandro Sosa. Mais à qui doit-on réellement la chute précipitée de notre gangster préféré ?

Pour avoir le fin mot de l’histoire revenons au milieu du film, au moment où Tony est au sommet de son empire. Rappelez-vous, nous le retrouvions en compagnie de son banquier et de son ami Manny. Dans cette scène Jerry le fameux banquier annonce à Montana qu’il devra lui prélever un fort taux d’intérêt pour pouvoir convenablement lui blanchir son argent si durement gagné, ce qui comme vous vous en doutez irrite nerveusement Tony. Après cet entretien animé a coup de « Fuck », Manny propose à Tony de faire appel à un dénommé Seidelbaum qui proposera de blanchir l’argent à moindre coût.

Avançons de quelques scènes, Tony est en compagnie de ce fameux Seidelbaum, blanchit l’argent si durement gagné. Mais Seidelbaum est en fait un flic qui coffre Tony, ce qui met notre gangster dans un sacré merdier.
Son avocat lui fait comprendre qu’il va minimiser les charges à de la fraude fiscale, mais qu’il va devoir passer par la case prison.

La scène suivante se passe chez Sosa, celui-ci annonce à Tony qu’un journaliste compte dévoiler publiquement en direct à la télévision les activités illégales de Sosa et ses associés. Il est bien entendu hors de question que cela se produise, c'est alors que Sosa propose à Tony de partir pour New-York là où se trouve ce reporter pour exécuter le contrat, en échange Sosa et ses amis s'arrangeront pour que Tony ne fasse pas du tout de prison.
Tony se rend donc à New-York pour remplir sa part du contrat , accompagné d'Alberto (le bras droit de Sosa). Mais comme vous le savez déjà, tout ne se passera pas comme prévu et la mission échouera.

En rentrant dans sa demeure à Miami ,Tony reçoit un appel de Sosa qui bien évidemment n'est pas du tout satisfait de la tournure des événements. On apprend que la charge sous la voiture a été trouvée et que maintenant, le journaliste est mis sous protection, et comme vous l'aurez deviné Sosa fera payer très cher l’échec de Tony.

Si nous reprenons le cheminement à l’envers Tony n'aurait certainement pas accepté la mission confiée par Sosa si aucun litige judiciaire n’avait existé en son encontre. Et ces problèmes judiciaires n’auraient pas eu lieu si Tony n'avait pas fait la connaissance de Seidelbaum. Et c'est Manny qui a organisé la rencontre entre Tony et Seidelbaum .

Conclusion

C’est donc bien Manny qui est indirectement responsable de la mort de Tony !

Pour étayer cette théorie, dans la scène du resto,Tony fait bien remarquer à Manny que c'est bien de sa faute s'il est obligé d'accepter la mission de Sosa car c'est lui qui l'a fait rencontrer Seidelbaum.

Pour en savoir plus sur Scarface (anecdotes ou témoignage) c'est par ici :
Looking for Al: le Parrain Shakespearien

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