Scarface ou l'enfer américan selon de Palma...

Avis sur Scarface

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Entrez mes amis... Ouvrez la porte sur la réalité du rêve américain selon Brian de Palma et soyez les bienvenus à Miami... Ici vous allez voir le destin d'un homme auquel vous allez de gré ou de force réussir à vous attacher: il est joué par Al Pacino et il s'appelle Tony Montana.

Voici pour le décor général: maintenant je vais préciser. Au début des années '80, Fidel Castro, pour désengorger les prisons, renvoie les opposants politiques aux Etats Unis. Sauf qu'il n'y a pas seulement des opposants qui embarquent pour la Floride à ce moment-là: il y a aussi les pires crapules: voleurs, petits trafiquants, hommes de main, etc... Et eux-aussi sont bien décidés à vivre leur rêve américain! Tony Montana est l'un de ceux-là et certainement pas le moins ambitieux!.. Avec son ami Mani, il va rapidement monter en grades dans le monde de la drogue, au milieu d'une ville pourrie jusqu'à la moelle par les trafiquants où à quelques mètres des plages bondées on tue et on torture sans sentiment ni vergogne. Et il va réussir à atteindre le pinacle. Mais après le sommet il y a toujours la chute, et la sienne sera méchante!..

Brian de Palma livre avec ce film et à-travers ce personnage illettré, fruste, violent et extrêmement déterminé qu'est Tony Montana la vision la plus implacable et cynique de la chute du rêve américain. Dans des décors et des costumes ultra bling-bling, sur des musiques typiques de ces années "fric", il nous dépeint sans aucune concession le monde de la drogue, des flics pourris et des parrains en passant par les hommes de main, sans oublier les femmes...et la famille (qui donne sa fragilité et son humanité au personnage principal). Après Le Parrain, Al Pacino revient dans ce rôle de gangster qui lui colle à la peau avec une virtuosité sans pareille, mais cette fois-ci c'est une leçon qu'il s'agit de donner au capitalisme sauvage et à la corruption du système: le héros monte sur le sang des autres et sa devise "The world is yours" au milieu de cette entrée rouge comme le sang qu'il a sur les mains (et qu'on sent bien qu'il finira par verser), alors même qu'il est en train de se détruire avec sa propre came est d'un cynisme je trouve sans égal...

D'une certaine manière, Scarface ressemble au Il était une fois en Amérique de Sergio Leone, réalisé un an plus tard: histoire de gangstérisme, de régime pollué par la corruption, d'amitié tragique.... Mais alors que Leone a un ton infiniment triste et mélancolique, de Palma tape tout à fait à l'inverse: dans la violence, les images choc, l'ironie mordante... Mesdames et messieurs, je vous souhaite la bienvenue à Miami, ses stations balnéaires, ses boites de nuit branchées, ses bagnoles pas possibles, ses fringues ultra-classes: le luxe, les mecs friqués et les nanas sont à vous, il n'y a qu'à se baisser!.. Mais faites attention en sniffant votre coke: une rafale de mitraillette, une balle dans le front ou un coup de tronçonneuse sont si vite arrivés...

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