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Scum

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Une maison de redressement en Angleterre à l'aube des années 80 : avec une rigueur documentaire, Alan Clarke décrit un quotidien fait de brimades, de violences, d'horreur. Un univers carcéral cauchemardesque et sans issue, d'une absurdité à faire froid dans le dos, véritable usine à fabriquer des bêtes sauvages tant on ne laisse d'autre possibilité aux adolescents. « Scum » est un film éprouvant, dur, qui, s'il ne nous épargne aucune vision d'horreur, ne le fait pas moins dénué de tout artifice. Froidement, de manière chirurgicale, Alan Clarke décortique les mécanismes de domination en vigueur dans la prison : les hiérarchies parmi les adolescents peuvent évoluer, mais les matons restent les seuls maîtres à bord, bourreaux vicieux et sans pitié, eux-mêmes victimes d'un autre système hiérarchique que l'on devine. Le tout sans jugement moral, juste un simple constat sur ces vies gâchées et sans avenir. Pour survivre, il faut faire preuve de force, physique ou morale, mais l'on est finalement inéluctablement rattrapé par la violence comme seul moyen d'expression, de lutte et d'existence.
Comme son cousin éloigné d' « Orange mécanique », « Scum » dépeint une société cynique n'ayant plus comme seule réponse à la violence qu'une répression brutale et vide de sens, immorale et sans issue. A l'opposé esthétique du film de Kubrick de par sa sobriété et son réalisme, l'œuvre d'Alan Clarke n'en demeure pas moins une œuvre également puissante et édifiante. Un chef d'œuvre.

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