Thriller dépaysant et honnête qui se transforme en hallucination totale après un twist plus qu'étran

Avis sur Serenity

Avatar Rémy Fiers
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Une chose est sûre, ce film à priori banal s’avère, in fine, plus que surprenant. Mais pas forcément dans le bon sens du terme. Lors de la première heure, voir Matthew McConaughey jouer les pêcheurs caribéens nous rappelle au (très) mauvais souvenir il y a dix ans d’un navet d’aventures en forme de chasse aux trésors intitulé « L’Amour de l’or ». Une véritable purge avec Kate Hudson où le duo roucoulait, poursuivi par des truands à la recherche d’un trésor enfoui. C’était l’époque de sa traversée du désert, avant que le cinéma indépendant fasse renaître cet immense acteur de ses cendres (avec par exemple « Mud » ou l’excellent « Killer Joe »). Tout ça c’était également avant l’Oscar pour « Dallas Buyers Club ». Dans les premiers moments de « Serenity » on se dit qu’il veut rattraper le coup avec ce rôle au contexte similaire. Mais bien vite, on comprend que tourner ce film devait être pour l’acteur l’occasion de payer ses impôts, aussi bon soit-il encore une fois mais accablé par une succession de films pointus qui se sont plantés en salles. Même constat pour Anne Hathaway, qui en revanche est plutôt mauvaise ici en femme fatale de pacotille.

Le déroulement de ce thriller suit gentiment son cours dans un cadre exotique parfaitement mis en avant par Steven Knight dont c’est le troisième long-métrage. Finalement, on se rend compte que l’homme est bien meilleur scénariste (« Les Promesses de l’ombre ») que cinéaste (« Killer Joe » avec Jason Statham). En effet ici, rien de follement original entre le retour d’une ex-femme, un mari violent et un meurtre avec millions à la clé au tournant. Mais cela reste tout à fait regardable et d’honnête facture. On se laisse gentiment emporter par l’intrigue et flatter l’œil par les jolis paysages, ça a le mérite d’être dépaysant. Puis on sent que quelque chose cloche. Le film prend une direction étrange mais intrigante et on se prend à rêver d’un film à rebondissements à la « Sexcrimes » sans l’aspect érotique. Mais c’est un virage à 180° qu’il opère et on ne peut dire qu’une chose : on n’était pas prêt ! « Serenity » nous assène le twist le plus improbable et barré qui soit. Il est clair qu’on ne l’avait pas vu venir mais ce retournement de situation emmène le film dans une zone grise indéterminée qui plonge le spectateur dans une hallucination totale.

A partir de là, le côté tellement improbable et bizarre de l’affaire, nous empêche de garder notre attention et de nous passionner pour ce qui se passe à l’écran. Tout cela vire à la fausse bonne idée. N’est pas un petit génie du twist (ou Shyamalan dans son meilleur) qui veut. Les images continuent d’être belles mais on décroche complètement et le dernier quart d’heure vire à un « Truman Show » sous acides doté d’un final qui sombre dans la guimauve pour ne pas arranger l’affaire. Les intentions étaient peut-être bonnes, mais c’est plutôt à un scénariste/réalisateur qui a voulu se faire plus malin que son public qu’on a affaire et la mayonnaise ne prend pas du tout. On se souviendra néanmoins de « Serenity » comme du twist le plus surprenant depuis très longtemps. Quoique, pas sûr qu’on se souvienne de ce long-métrage bicéphale finalement vain. Heureusement, Matthew McConaughey reste excellent même dans des films moyens.

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