Gaspar se fout de ta gueule. Et t'aimes ça.

Avis sur Seul contre tous

Avatar Leland
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Plus d'une heure. La scène finale, élément central du film de Gaspar Noé, est le résultat d'une construction de plus d'une heure. Une heure pendant laquelle tu suis un connard de boucher déblatérer sur tout et n'importe quoi, un peu comme l'oncle/le grand-père bourré et raciste qu'on a tous côtoyé au moins une fois dans un dîner de famille. Mais en pire.

La France c'est de la merde. Les pédés c'est de la merde. Les bourgeois c'est des enculés. Les étrangers c'est des enculés. La vie c'est de la merde. La grosse, je lui défonce le gosse qu'elle a dans son bide façon steak haché Bigard. Bref, le boucher c'est pire qu'un gros connard. Entre deux saillies dégueulasses, l'une nous faisant rire tandis que l'autre nous met mal à l'aise, on apprend à détester ce connard de boucher, avec une certaine forme de pitié néanmoins liée à sa condition de pauvre type à qui rien ne sourit.

[SPOILERS ALERT]
Et vient la scène finale avec sa fille. Le bon Gaspard nous prévient : "Vous avez 30 secondes pour quitter la projection". Le paroxysme de l'horreur. Il la viole et lui tire dessus. Mais il la loupe et la laisse crever sur le sol, se vidant de son sang pendant une durée interminable. Il l'achève enfin. Il panique. Son flot de pensée s'accélère et perd toute logique. Enfin seulement dans la forme, parce que dans le fond c'était déjà pas fameux. Il se suicide.

Et vient la révélation. C'était un rêve. Ouf. Avec le Canon de Pachelbel en fond sonore, il tombe en sanglots : "Je t'aime plus que tout ma fille". Wow. Un câlin père-fille sublime, émouvant. Un îlot de beauté au sein d'un océan de dégueulasserie. En fait, le boucher, tu te dis que c'est un pauvre type plein de préjugés, mais qu'il a un coeur. Une victime. Tu l'adores ce boucher finalement, à force de compassion.

Mais cette belle musique s'éternise. Elle devient vite un peu trop belle. Le câlin aussi s'éternise. Les baisers paternels deviennent gênants. Mais pas autant que les caresses dans le dos de sa fille. T'es mal à l'aise putain. Gros plan sur la main du père qui se glisse entre les cuisses de la fille. Tu refuses d'y croire. Putain.

Connard de boucher. Connard de Gaspar Noé. Grosse claque dans ta gueule. Merci.

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