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Sex Addict par Kevin Gosse

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Produit par le rapper underground R.A. 'The Rugged Man' Thorburn, avec des moyens financiers extrêmement limités (on y reviendra), Bad Biology est à l'image de son synopsis, certifié AOH, Appellation d'Origine Henenlotterienne. Excessif, ce sixième long-métrage se place, sans surprise, idéalement dans la filmographie d'un Frank Henenlotter nullement assagi, malgré ses années de diète contrainte.

Victime d'un appétit sexuel insatiable, "une bite est pour moi comme une dose pour un camé", et dotée d'un métabolisme hyperactif, "une grossesse dure 9 mois. Les miennes, 2 heures", Jennifer n'en demeure pas moins la première héroïne féministe digne de ce nom dans l'univers barré du cinéaste new-yorkais. Assumant autant son statut de freak meurtrière qui se nourrit d'orgasmes que subissant sa propre vulnérabilité, cette mutante s'écarte, on l'aura compris, des précédents protagonistes mâles écrits par Henenlotter. Mieux, de ce personnage principal interprété avec conviction par Charlee Danielson, la première partie du long-métrage s'inscrit, à demi-mot, comme une variation déphasée, et réussie, des personnages issus de l'imagination de David Cronenberg, filiation allant de Rose dans Rage (1977) à Claire Niveau dans Faux-semblants (1988).

Las, en dépit d'un goût indéfectible pour l'humour noir, Bad Biology se perd un peu après la première demi-heure, quand le film s'intéresse au personnage du garçon. Relecture à peine voilée de ses deux premiers films, redite de la relation intime antagoniste entre les deux frères Bradley, ou celle addictive et malsaine entre Elmer et son hôte Brian, le long-métrage, à notre grand regret, s'essouffle quelque peu, avant un dernier acte délicieusement foutraque, avec plinthes défoncées à coup de chibre hypertrophié en sus, et la rencontre attendue entre Jennifer et le phallus détaché de Batz.

Tourné à New-York, le film, de par son budget limité, ne prétend à aucun moment à être ce qu'il n'est pas. Mal embouché, de mauvais goût, avec son lot de scènes grotesques et ses effets spéciaux à l'avenant, Bad Biology n'est pas à mettre en toutes les mains. Et c'est tant mieux. Henenlotter reste égal à lui-même, avec ses qualités et ses défauts.

Dernier volet d'une trilogie (non officielle) initiée en 1982 par Basket Case, puis suivi en 1988 par Brain Damage, Bad Biology (débutant comme il se doit par un B) doit être considéré, avec les participations amicales de James Glickenhaus dans le rôle d'un rédacteur en chef, et celle de Gabe Bartalos aux maquillages, avant tout, comme un hommage du réalisateur à ses fidèles admirateurs.

http://www.therockyhorrorcriticshow.com/2018/06/bad-biology-frank-henenlotter-2008.html

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