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Shame par kinosan

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« Tu as vu Shame ? » – « Ah, l'histoire du type accro au sexe, ça ne me tente pas du tout. » Et pourtant... Les avis semblent assez partagés, diamétralement. Mais je ne regrette pas d'avoir vu l'affiche se renverser dès les premières images et de plonger dans le regard de ce cher Michael Fassbender. Encore nu sous les draps, ses sourcils se froncent. Assis dans le métro, ses yeux ne tarderont pas à déstabiliser la première proie de la journée, sans se soucier de son annulaire. Brandon Sullivan, trentenaire et célibataire, ne manquera pas aujourd'hui d'arriver à l'heure au travail. Les messages ou devrais-je dire les « hang up... » aux nuances vocales notables auront déjà eu le temps de s'accumuler sur son répondeur. Mais comment perturber ses bonnes vieilles habitudes, entre collègues dans les night-clubs ou seul sous la douche ? Chaud-froid.

Sa jeune sœur, Sissy, débarque gentiment à New-York et pense bien s'installer dans son appartement pour quelques jours. Les vinyles des années 70-80, de Tom Tom Club à Blondie en passant par Chic, s'enchaînent et bourdonnent parfois pour devenir d'improbables vers d'oreille. Suicidaire et dépressive, Carey Mulligan réussira avec son interprétation d'un standard de Franck Sinatra à faire couler quelques larmes sur les joues du jeune primé à la Mostra de Venise. Incapable d'appréhender le sentiment amoureux, ce dernier se noiera, non pas dans un verre d'eau mais dans du pinot noir avec la charmante Marianne. Et vous, combien de temps a donc duré votre plus longue relation ? Pathétique. Autant s'envoyer en l'air avec une prostituée aux sous-vêtements dépareillés et profiter pleinement de la vue. Au fil des scènes et même devant un dessin animé, cette relation fraternelle s'avère beaucoup plus conflictuelle et destructrice. Quelques variations au piano s'en suivent, merci Glenn. Les magazines porno et autres sex toys pourront aisément emplir quelques litres de sacs poubelle noirs. A défaut d'un jogging nocturne, une dernière descente sur les grandes avenues. A vous de juger si la moiteur d'une backroom ou quelques coups de langue en pleine lumière méritent une simple interdiction aux spectateurs de moins de 12 ans ou autant de crédit.

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