Comics de répétition

Avis sur Sherlock Holmes : Jeu d'ombres

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Le premier épisode, malgré les abominables saloperies de mise en scène de Guy Ritchie se laissait presque regarder grâce au charme du couple principal, au frais minois d’Irene Adler, à un Mark Strong imposant et au plaisir toujours renouvelé de retrouver, même un peu, l'atmosphère des aventures du plus célèbre détective de l’histoire.

Cette fois ci, le couple ne pétille plus, leurs dialogues tombent à plat, Irene Adler est évacuée en dix minutes sans même que sa disparition soit proprement utilisée dans une histoire qui manque pourtant cruellement de climax, sa remplaçante est une improbable gitane très mal interprétée par une Noomie Rapace absolument inexistante, les deux méchants les plus importants de l’œuvre de Conan Doyle sont allègrement massacrés par d’affreux comédiens de seconde zone et malgré deux ou trois inspirations de l’histoire originale, il est bien difficile de retrouver le grand détective dans ce fatras grotesque qui n’a de scénario que le nom.

En fait, ne comprenant absolument rien au concept du surhomme et sans doute porté par l’envie de tout niveler à l’aune de la médiocrité habituelle, le scénariste original se contente de transformer Sherlock en super-héros de comics, avec presque les super pouvoirs qui vont avec, le Robin qui a surtout l’air d’être là pour se faire enfiler par son leader et les super boss qui rivalisent de ridicule…

Bien entendu, histoire de toucher au fond du trou, l’ignoble Ritchie est ici en roue libre, fort de son succès précédent, il semble avoir eu la bride sur le cou pour celui là et les immondes plans s’enchaînent pour notre plus grand désespoir.
Phénomène rare, au milieu d’une interminable poursuite-fusillade faite de ralentis hideux semblant sortis tout droit de l’ordinateur de mon voisin de palier, je me suis déconnecté du film sans dormir pour autant, je me suis absenté sans le vouloir, par pur désintérêt, réapparaissant seulement par intermittence, pour me prouver sans doute que non, vu qu'il ne se passe toujours rien, ma présence cérébrale n’était toujours pas nécessaire.... Du coup, c’est peut-être pour ça que j’avais l’impression à la fin du film d’en avoir déjà oublié tout le début et que cette révélation glissait sur moi comme le harpon mal équilibré sur la peau huileuse de l’otarie agile.
En même temps, sortir de ma léthargie pour voir une partie d’échecs bien pesante et deux super-débiles se faire leur film je ne sais combien de fois avant que la fin attendue n’arrive, je m’en serais bien passé aussi… Mon subconscient est un éternel optimiste…

Ah oui, et sinon, mon bon Robert, tu n’es pas obligé de ressembler pendant tout le film à un clochard qui se serait bagarré toute la nuit dans une benne à ordure, à un moment, ça arrête d’être original et faussement réaliste pour devenir tout simplement pathétique.

Vous l’aurez compris, le film ne vaut certainement pas plus de 2, mais je suis faible, Stephen Fry nu au petit déjeuner de Kelly Reilly, je ne sais pas pourquoi, mais ça me parle assez pour truquer généreusement ma note.

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