Belle époque pour super-héros foireux

Avis sur Sherlock Holmes : Jeu d'ombres

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La découverte du premier opus m’avait laissé un goût étrange ; pas celui d’une pure bouze, mais pas celui non plus d’une véritable réussite. La faute à un Robert Downey Jr à la limite du supportable, à cet accroche presque superhéroesque du grand Sherlock, à ces ralentis à la con … mais en même temps, je rendais aussi grâce au film de traiter de manière correcte une fin de XIXè vachement sympa.
Voici donc que s’avance ce second opus ; déjà l’objectif est clair : passer une soirée sympa en ayant été obligé de ne pas choisir de film trop spé ou trash pour contenter tout le monde (par exemple j’ai du reporter Django, éviter tout film de guerre, mis un véto absolu à toute comédie romantique, pas droit de film de baston asiatique bref, une pure soirée de famille avec tout le monde ^^). Je ne m’attendais donc à rien d’autre que de combler une case de film non vus en 2012, sans espérer échapper à un R.D.Jr encore plus pénible. Sur ce point, j’ai été servi. Franchement, Iron Man tire beaucoup trop sur la corde et campe un Sherlock encore plus à la limite du supportable que dans le premier opus. On en arrive, c’est un comble, à un Watson-Law bien plus intéressant. Je veux bien que l’on soit dans un block buster des familles, mais ce basculement vers une superhéroïsation version Ken le Survivant (tu ne le sais pas pas mais tu es déjà mort car … tu pues comme un cosaque), ça enlève tout de même un sacré charme au personnage, à sa complexité – ici rappelée de temps à autres à coût de je piccole, ma copine ben je l’aimais, Watson je t’aime – et parfois au background de Belle époque.

Alors, mais alors pourquoi, me souffle mon compère de cinoche dans l’oreille, pourquoi ce 6 ??? Le taf de Guy Ritchie ? Non, sa mise en scène oscille entre le pitoyable et le risible. Ces ralentis, ces voix off à la con, ces zooms de folie franchement, je ne peux pas. Le big méchant badass ? Et bien Jared Harris – Moriarty est plutôt sympa à dire vrai. Une certaine finesse, un salaud au gros cerveau et vraiment salaud, ça s’apprécie.

MAIS MAYRDE C PAS SUFFISANT POUR UN 6 !!!

Oui, le plaisir est ailleurs. La réussite est plus subtile et pour être franc, m’a même arraché un frisson de plaisir. Laissons de côté les acteurs, les ralentis et les Avengers de la ligue extraordinaire. Il reste deux atouts majeurs qui ont fait passer la pilule au-delà de mes espérances.

Premier atout le scénario tournant autour de cette pré première guerre mondiale. Cette volonté d’en découdre des puissances européennes, France et Allemagne en tête, à une époque où comme très justement cité, le Royaume-Uni n’a pas encore choisi son camp. Cette mise en avant d’une guerre industrielle qui existe déjà depuis la Crimée et encore plus la guerre de Sécession, ces prémices de gaz, d’obusiers, de mitrailleuses gatling, de mini crapouillots avant l’heure (mortiers de tranchés), franchement, tout tient la route.

Second atout, cette Belle époque qui défile avec beauté et justesse : le Sacré Cœur qui est en train d’être achevé en cette année 1891 (une scène de 3 secondes de bonheur qui rapporte directement 2 points), la vente aux enchères de trésors de la Vallée des Rois, la vapeur, les premières automobiles, la science toute puissante : aucune faute de goût, une photo au service de cette atmosphère de toute puissance crépusculaire de l’Europe.

Alors voilà, je suis faible. Je mets 2 au film puis 4 au reste : pour une fois qu’un film fait l’effort de retranscrire avec justesse et, osons le dire, rigueur, une époque lointaine, je valide. Mieux, j’incite à oublier les acteurs pour regarder le reste, ce petit monde vaporeux et crasseux qui fonce vers la catastrophe.

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