Entre raison et folie

Avis sur Shutter Island

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A la frontière du réel et du fantastique l'adaptation de Scorsese nous met tout de suite dans l'ambiance : début des années 1950, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier débarquent en ferry sur l'île de Shutter Island...
Ciel plombé, phare sombre et mystérieux battu par les vents et la tempête qui menace, c'est là que se dresse l'hôpital psychiatrique censé abriter de dangereux criminels.

Les gros plans sur le visage du marshal en chef nous révèlent d'emblée que l'homme est fragile et que derrière la volonté affirmée se cache un lourd secret : toujours très investi mais moins efficace qu'à l'ordinaire, Leonardo DiCaprio cherche à nous faire partager ses angoisses, ses cauchemars et ses hallucinations mais son interprétation tout en force nous laisse sur la touche.
Belle ambiance de film gothique néanmoins et des images qui mêlent l'horreur à la splendeur, tels ces visages d'enfants morts pris dans les glaces ou cette pluie de cendres, restes de la femme aimée.

Alors qui est Teddy Daniels ? Le mystère s'éclaircit peu à peu à moins qu'il ne s'alourdisse car les zones d'ombre demeurent, et l'attitude uniformément rassurante voire doucereuse du Docteur Cawley incarné par Ben Kingsley, si elle rend l'atmosphère plus pesante et plus énigmatique ne parvient pas à nous convaincre.

Entre raison et folie la frontière est mince : le récit nous fait pénétrer dans les méandres du cerveau humain mais les flashback récurrents qui nous éclairent sur le lourd passé du marshal nuisent aussi à la progression de l'enquête et nécessairement au rythme du thriller.
Une impression donc mitigée pour un film qui reste très mineur dans la filmographie du cinéaste.

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