La prisonnière des limbes

Avis sur Si je reste

Avatar Hyunkel
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Qui a dit que la littérature YA, ou Young Adult, se limitait aux dystopies façon Hunger Games ou aux bluettes fantastiques du niveau de Twilight ? Avec Si je reste, le romancier Gayle Forman propose des thèmes plus sombres et plus matures que ce qui est d'habitude proposé aux adolescents. Son adaptation se situe dans la même veine. Un temps proposé à Catherine Hardwicke, qui avait mis en scène le premier volet de la saga vampirique, elle a finalement échue à RJ Cutler, dont c'est le premier long-métrage.

Cutler réussit plutôt bien ses premiers pas, en proposant un film à l'esthétique douce, mis en valeur par une photographie lumineuse et éthérée. On a un peu l'impression de se trouver pris au milieu d'un rêve ce qui, finalement, reflète parfaitement la situation de sa jeune héroïne, coincée entre la vie et la mort en attendant de prendre une décision : doit-elle rester et faire face aux douleurs de son quotidien, ou se laisser sombrer et rejoindre ainsi sa famille ? Le choix est sien, et c'est autour de ce dilemme que s'articule le film. Le scénario se construit autour de la trame principale, qui est celle de l'accident et de l'hospitalisation, et les mois précédents qui apparaissent sous forme de flashbacks.

Une construction classique et un peu bancale puisque, au risque de spoiler un peu, la décision finale de la jeune fille ne fait guère de doutes. Voir ainsi se succéder les catastrophes autour d'elle semble donc inutilement cruel, chaque nouvelle étant censée peser dans une balance que l'on sait déjà arrêtée. L'histoire de Mia, elle, ressemble un peu au rêve de toute jeune fille en fleur. Héroïne un peu à la marge mais pas trop, dotée d'une famille cool dans laquelle elle se sent un peu à l'écart (mais pas trop non plus), elle se fait repérer par le beau gosse populaire du lycée, futur rock star, qui lui voue au premier coup d’œil un amour inconditionnel. Cliché ? Un peu trop, diront certains.

Pourtant, le récit fonctionne, notamment grâce à la prestation de Chloé Moretz, qui imprime une personnalité au personnage et parvient à le rendre sympathique. La jeune fille a fait du chemin depuis 500 jours ensemble, et commence doucement à s'imposer comme une valeur sûre au sein de sa génération. L'ensemble du casting est à l'avenant, et on se surprend à vibrer pour sa famille au cœur de rockers, et pour son Jules, le bel Adam et son look de brun ténébreux comme il faut. La bande-son est l'autre réussite de Si je reste, rythmant le film entre rock'n roll à l'ancienne et musique classique. Mêler Iggy Pop et Beethoven, il fallait oser, mais ça marche plutôt bien.

Cette jolie romance s'adresse en priorité à un public adolescent et féminin, mais saura charmer un public plus large grâce à des personnages sympathiques et une ambiance lumineuse et douce. Si quelques longueurs apparaissent parfois dans le scénario, on est loin des torrents de guimauve habituellement associés au genre. Une jolie surprise qui redonne le sourire et le cœur léger, à apprécier comme un chocolat bien chaud, calé sous la couette ou devant la cheminée. Il est presque dommage que le film sorte en septembre et pas en hiver, d'ailleurs.

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