Il n'est pas facile de grandir

Avis sur Si tu tends l'oreille

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A la fin du générique de Si Tu Tends l'Oreille, l'émerveillement le dispute à un certain sentiment de gâchis. L'oeuvre est légère et délicate, telle une plume dans le vent, dans les sentiments adolescents que le réalisateur Yoshifumi Kondo a réussi à capturer et à traduire. L'histoire de cette jeune fille passionnée et incertaine n'est pas uniquement basée sur ses premiers atermoiements amoureux. Il s'agit aussi, et de manière plus générale, de la difficulté à grandir, de se chercher, de se connaître et de cultiver ses talents, de décider de sa vie et de quel genre d'adulte on veut devenir. C'est cette acuité dans la description des sentiments qui animent tout à chacun qui fait regretter que Kondo n'est pas pu faire d'autres films, tellement il est évident que sa maîtrise en faisait la future relève du Studio Ghibli.

Chatoyant, magique, ponctué d'élans poétiques gracieux, jamais niais et faisant exister ses deux personnages charmants et complexes bien au delà du film, Si Tu Tends l'Oreille enchante tout simplement son spectateur alors même que les éléments fantastiques sont beaucoup moins marqués qu'à l'habitude dans une production Ghibli. L'ancrage dans le quotidien japonais et l'exploration par l'héroïne de ces petits quartiers aux rues étroites exaltent la poésie qui nimbe constamment le film qui ressemble, par bien des aspects, à Kiki la Petite Sorcière. Il y a pire comme référence.

Honteusement inédit depuis 1995 en France, pays revendiqué de la culture dont la réputation usurpée en cette matière prête de plus en plus à sourire, Si Tu Tends l'Oreille est un joyau à découvrir.

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