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  • Thriller


Une sombre histoire plongeant ses protagonistes dans l'enfer mexicain.

Denis Villeneuve, révélé au grand public en 2010 grâce à son film choc Incendies détenteur de l’Oscar du meilleur film étranger a depuis deux films successifs (Prisoners et Enemy) démontré à bien des égards, qu’il était un cinéaste neurasthénique, voir presque pessimiste.
Avec Incendies (film à caractère œdipien), il traitait de l’horreur de la guerre civile au Liban et du mal qui rongeait chaque protagoniste de celle-ci. Avec Prisoners, il se questionnait sur la condition humaine et sur ses limites. Enemy portait, quant à lui, un regard schizophrénique sur l’homme. Sicario ne déroge pas à la règle en empruntant un chemin tout aussi lugubre, se dédoublant en un récit quasi nihiliste.

Le nouveau film du cinéaste québécois (présenté en compétition officiel au dernier Festival de Cannes) est insaisissable. A l’instar du personnage de Benicio del Toro, Sicario est une épaisse brume mouvante qui vous hypnotise. Particulièrement immersible, ce narco-thriller crépusculaire dresse un portrait au combien réaliste de cet éternel conflit qui oppose les forces de l’ordre américaine aux hordes de gangs et autres dangereux trafiquants mexicains.
Contrairement aux apparences, Sicario n’est pas un film sur les cartels mexicains comme pouvait le revendiquer la bande-annonce. Comme les œuvres précédentes de Villeneuve, Sicario (tueur à gage en espagnole) est un film de personnages. Le réalisateur aime les personnages tourmentés, il aime également les tourmenter à son tour, les mettre à nu et creuser en profondeur dans les recoins labyrinthiques de leur âme.
À ce petit jeu, Kate, interprétée par une magnifique Emily Blunt semble être un choix opportun. À la fois déterminée, forte et d’une droiture exemplaire, elle est sans-cesse malmenée et désarçonnée dans ce jeux du chat et de la souris. Très vite, elle est dépassée par une affaire qui semble être bien plus complexe qu’elle n’y parait, où l’ordre laisse place au désordre et où son idéalisme candide s’écroule devant toute cette exaltation de violence. Kate découvre un univers qu’elle ne soupçonnait pas et qui se traduit par une perte momentanée de repaires (l’ordre et la morale de son ancien job) où la seule échappatoire existante reste la résignation.
Le rapport de force est d’autant plus saisissant que le protagoniste principal (une femme, donc) évolue constamment dans un monde d’hommes. Cette barbarie constante qui se dissémine tel un fléau et qui bouffe de l’intérieur tous ceux qui s’en approche, Kate ne le tolère pas et c’est à partir de ce moment-là que le film s’oriente vers le personnage d’Alejandro campé par del Toro, véritable force de la nature auquel l’acteur apporte toute sa prestance et son charisme sauvage.
Seul reproche éloquent qui pourrait être fait au film, serait son manque de consistance. Cette histoire de guerre contre la drogue n’intéresse pas Villeneuve et ça se ressent. La trame narrative reste beaucoup trop en surface et ne suscite clairement pas l’intérêt principal, rendant le contenu assez ondoyant.
Denis Villeneuve avait déclaré que Sicario serait son meilleur film… après réflexion, on serait tenté de lui donner raison tant son dernier film regorge de qualités purement stylistiques et artistiques comme en témoigne la photographie une nouvelle fois fastueuse du grand Roger Deakins (qui avait déjà signé celle de Prisoners dans un autre style).

Jogapaka
7
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Vivienn
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