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Sinister par Atom3-029

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À cause des sempiternelles accroches façon « on a jamais eu aussi peur depuis… » et autres promotions à but exclusivement lucratif, le cinéma de genre est en péril. Le cinéma de genre est en péril car, cher Hollywood, nous n’avons plus peur. Cher Hollywood, ces film que nous avons sous les yeux, on les connait depuis des décennies. À l’annonce de Sinister qui, selon les dires, sortirait réellement de la masse, l’espoir m’a envahi durant quelques minutes. Avec plus de recul, je décidais alors de tenter l’expérience – ne souhaitant pas me faire extirper davantage de billets par l’arnaque ambulante qu’est Paranormal Activity. C’est donc aux côtés d’Ethan Hawke que se situerait ce nouvel espoir…
Tout commence par un film Super 8. Un plan-séquence glaçant qui, dès les premiers instants, instaure cette atmosphère lugubre et sinistre, importante au point de s’installer jusque dans le titre du long-métrage. La tension s’avère d’ores et déjà menaçante… Toutes les bobines de Super 8 qui nous seront exhibées auront généralement le même effet. Parfois même, elles nous feront plus sursauter que le film en lui-même, qui reste tout de même bien en deçà de la frayeur promise – comme d’habitude, en somme. Une fois encore, on nous sert l’inévitable bourgade américaine qui était source d’une certaine moquerie chez le superbe Twixt de Coppola et servait tout autant de base au mauvais The Secret réalisé par Pascal Laugier.
Ce n’est là qu’une des nombreuses preuves d’excès de classiscisme dans ce Sinister finalement guère surprenant. On y trouve un scénario mal ficelé où le spectateur un tant soit peu futé comprendra en très peu de temps ce que la flicaille risible et stéréotypée en arrive à déduire au bout d’1h45 de film. Toutefois, l’ensemble s’en sort plutôt bien grâce à une mise en scène efficace qui s’avère être à l’origine de quelques frayeurs non-négligeables – bien que certaines d’entre elles frisent malheureusement le ridicule à cause d’excès visuels aussi crédibles qu’un gosse qui sprinte au ralenti (d’ailleurs, à ce propos…). On se souviendra par conséquent de quelques instants débordant de suspense, causés par la mise en valeur nettement réussie de la tension naissante et grandissante au fil de l’enquête.
Tout d’abord, Sinister a la chance de disposer d’une exceptionnelle bande-originale pleine de puissance. Lorsque celle-ci se met au service de l’esthétique obscure au possible, le savoureux mélange des deux ingrédients causera sans mal des séquences tétanisantes où seul le doux bruit d’un croquement de pop-corn (cf les quelques lignes du dessus) pourront vous tirer de l’angoisse. Néanmoins, ces scènes se comptent sur les doigts d’une main… Enfin, Ethan Hawke s’en sort très bien en auteur vicieux et égoïste. On peut clairement le voir subir une métamorphose viscérale et radicale qui en fera le simple reflet de son ancien lui…
En conclusion, il n’y a rien de véritablement extraordinaire à lorgner du côté de ce Sinister effectivement bien sinistre, qui ne vaut malheureusement pas plus pour sa capacité à nous faire peur que pour son enquête à la fois intéressante et toute tracée dès les premiers instants. On y trouvera malgré tout de très bons éléments qui auraient du être mieux exploités. Il est parfois bon de ne pas se rendre dans le prévisible…

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